La commission des finances du Sénat représentée par Jean Arthuis, son président, et Philippe Marini, son rapporteur général, serait elle toute seule dans l’aventure ?
L’idée de la TVA sociale avait été enterrée à deux reprises par Edouard Balladur, alors premier ministre, en 1993 et Jean Pierre Raffarin, alors premier ministre, en 2004.
Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2006, le gouvernement, par la voix de son porte parole et ministre du budget Jean François Copé, s’est opposé au Sénat à deux amendements visant à créer cette fameuse TVA, en pointant le risque d’une spirale inflationniste
Un des plus fermés à la TVA social semble être Alain Madelin, député UMP d’Ile et Vilaine. Dans sa lettre des libéraux du 21 octobre 2005, l’ancien ministre indique que «cette alchimie fiscale de la transmutation des charges sociales en TVA ne permettra pas de lutter contre les délocalisations et le chômage».
A gauche, les partisans sont encore moins nombreux. Dominique Strauss Kahn, ancien ministre de l’économie et des finances, député socialiste du Val d’Oise, «dénonce un facteur d’injustice car tous les consommateurs sont taxés de la même manière quel que soit leur revenu».
En 1998, puis en 2001, le gouvernement de Lionel Jospin avait par deux fois rejeté la proposition.
La CGT s’y oppose également en invoquant «l’apport d’inégalités au détriment des familles modestes sans apporter un surcroît d’emploi».
Selon Pascal Salin, économiste français et professeur à l’université de Paris Dauphine, «le projet est ridicule et dangereux». Il qualifie la TVA social de «petit monstre».
«Le projet supposerait une augmentation du taux de la TVA d’une ampleur considérable probablement incompatible avec les engagements européens de la France ». Par ailleurs, il ajoute que «les cotisations sociales et la TVA reposent très largement sur la même assiette fiscale, de telle sorte qu’en passant de l’une à l’autre, on changera essentiellement le nom de prélèvement fiscal mais pas la réalité».
Mais il semble tout de même, comme le précise Jean Arthuis, que «l’idée fait son petit bout de chemin». En témoigne le revirement de certaines personnes clé du Medef, comme Denis Gautier Sauvagnac, le président de la branche de métallurgie du Medef.
En témoigne également la pleine adhésion du Conseil d’analyse économique du premier ministre.