Laurent Alexandre, le président de Doctissimo, se félicite du succès du site Web, qui compte aujourd’hui plus de 1,2 million de visiteurs quotidiens. Un chiffre «qui nous permet de devancer Auféminin sur le marché français», précise-t-il, et qui s’accompagne d’une forte percée en termes de chiffre d’affaires et d’audience.
Fort de cette «énorme audience», le dirigeant annonce vouloir continuer à positionner le site sur le créneau, très porteur, de site féminin. «Le problème du nom n’a pas posé de problème pour négocier le virage du tout-santé vers un site féminin généraliste».
'Nous disposons d'un CPM plus élevé aujourd'hui'
Un positionnement qui permet au site de récolter d’importantes recettes auprès des annonceurs. «Puisque nous avons réussi une percée importante dans le domaine de la beauté et dans celui du luxe et de la cosméto, nous disposons d’un CPM plus élevé que lorsque nous avions uniquement des annonceurs généralistes».
Ainsi, Laurent Alexandre explique que l’univers 'beauté et luxe' est devenu le premier pôle annonceurs du site, devant le pôle 'santé'. Un positionnement en rupture avec le reste du marché : «Sur l’ensemble du marché, il n’y a pas d’augmentation du CPM», rappelle le dirigeant.
«Nous préconisons d’utiliser une structure low cost pour garder de très bonnes marges». La section 'mode' qui devrait être lancée prochainement sur le site devrait encore ramener des annonceurs à fort CPM sur le site, estime-t-il, en rappelant les «gros contrats» qui ont été convenus en 2007 dans le secteur automobile.
Le créneau de l'univers féminin est tellement porteur, et la e-publicité «extrêmement dynamique», que le président de Doctissimo affiche son optimiste quant aux résultats du quatrième trimestre. Il le redit, il n'y a pas de cassure par rapport au troisième trimestre et le groupe ne pâtit pas de la 'crise' actuelle.
L'entrée de fonds anglo-saxons au capital
Le modèle de Doctissimo, explique M. Alexandre, est celui d’une très forte audience, en vue de dégager de très forts réservoirs publicitaires avec des coûts bas. Répondant aux interrogations sur la vente d’une petite partie des actions Doctissimo, Laurent Alexandre explique : «Nous avons ‘donné du papier’ de façon mesurée pour augmenter le flottant. Cela a permis à quelques gérants de fonds anglo-saxons, qui se sont adressés en direct au management, de rentrer».
Une entrée qui n’aurait pas été possible, estime-t-il, si ceux-ci n’avaient pas pu trouver de gros blocs, et qui conditionne la tenue du cours dans le futur. «Il m’a cependant toujours semblé important que les fondateurs gardent une partie significative du capital», tempère-t-il.
'Nous sommes ouverts à un adossement industriel'
Concernant la baisse du titre, le patron de Doctissimo estime que «le cours a beaucoup baissé, mais la performance depuis le 1er janvier reste très forte», estimant que la période pourrait être propice au rachat d’actions. Un rachat de Doctissimo par un prédateur éventuel pourrait également être à l’ordre du jour.
«Malgré notre attachement à Doctissimo, il serait totalement irresponsable de notre part de refuser une belle affaire permettant à nos actionnaires de faire une belle plus-value. Nous ne refuserons pas une belle opération financière. Nous sommes ouverts à un adossement industriel.»
Il rappelle toutefois qu’il est tout à fait possible pour le groupe de rester en ‘stand alone’. «Il s’agit uniquement de valorisation de l’entreprise, ajoute-t-il.» Concernant la valorisation des sites du Web 2.0, Laurent Alexandre estime qu’elle est «totalement irrationnelle.»
'Facebook ne vaut pas 15 milliards de dollars'
«Facebook ne vaut pas 15 milliards de dollars. C’est un ticket pour geler le marché publicitaire sur Facebook de la part de Microsoft,» juge-t-il. La plupart des entreprises de web 2.0 ne sont pas valorisées à des tarifs raisonnables, ajoute le dirigeant, qui pense que le marché se trouve aujourd’hui dans la même situation qu’en 2000.
«Il est possible qu’il y ait des corrections dans ce domaine», avertit M. Alexandre. Un éclatement de la bulle pourrait même survenir dans «pas très longtemps», ce qui pourrait clarifier le paysage, et avoir un impact positif sur le secteur.
Ces propos ont été recueillis à l'occasion du premier chat vidéo en direct d'Easybourse.
Antoine Pietri