La ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, ne peut être taxée de pessimisme ou de déclinisme. Au contraire. Elle a déclaré jeudi que le gouvernement visait une poursuite de la baisse du chômage en France au cours des prochaines années et prévoyait de ramener un taux de chômage historiquement situé autour des 10% à 5% en 2012. Le chef du gouvernement François Fillon apparaît lui aussi, en ce début d’année, plutôt optimiste.
Christine Lagarde promet le plein-emploi en France à l’horizon 2012
Une utopie pour un pays embourbé dans le chômage de masse depuis plusieurs décennies ? Non, pas pour la ministre de l’économie, puisque «le gouvernement s'est fixé un objectif de plein emploi en 2012, c'est-à-dire un taux de chômage de l'ordre de 5% et un taux d'emploi proche de 70%», a déclaré la ministre dans un communiqué, après avoir évoqué le sujet jeudi en conseil des ministres.
Certes, l’évolution récente du chômage à la baisse va dans le bon sens avec 8,3% de chômeurs au troisième trimestre 2007, contre 9,3% au troisième trimestre 2006, mais Christine Lagarde n’ignore pas les risques de ralentissement dans la zone euro prévus pour 2008 ainsi que l’absence de réformes structurelles d’envergure jusqu'à aujourd'hui.
Or, la ministre n’a pas évoqué les moyens d’atteindre ce plein emploi à l’instar du Royaume-Uni, phare de l’Europe en la matière. Les recettes pour y parvenir sont pourtant déjà bien connues et consistent en partie dans une fusion de l’ANPE et de l’Unedic et dans une réforme en profondeur du marché du travail et notamment du contrat de travail.
François Fillon estime que la croissance française «est sur la bonne voie»
Le chef du gouvernement est optimiste pour l’année qui commence. François Fillon a estimé dans son discours de vœux au président de la République que la croissance de la France était «sur la bonne voie» au regard des chiffres de la fin de l'année 2007.
Il estime ainsi que l’année 2007 a été relativement bonne puisque, d’après les chiffres de l’Insee, la croissance sur les trois premiers trimestres devrait atteindre les 1,8%, soit presque la fourchette basse de 2% prévue par le gouvernement et ceci «contrairement à toutes les prévisions des experts».
2008 sera également une année riche et utile puisqu’elle «sera véritablement celle où s'amorceront les grandes transformations économiques et sociales». Il s’agit
d’«accroître le volume de travail et la productivité de notre pays». Comment ? En procédant aux réformes nécessaires soit la «réforme du marché de l'emploi, réforme de notre économie, réforme de l'Etat, réforme des institutions, réforme de nos prélèvements obligatoires, réforme de notre système de santé». Vaste chantier que celui de la refonte du modèle social français.
Laure Gaillard