Le groupe pétrolier français a annoncé ce matin une production record en 2007 par rapport à 2006 avec une hausse de 1,5% soit 2,4 millions de barils de brut extraits chaque jour.
Total «au meilleur niveau» des premières majors du monde
Le chiffre d'affaires est en hausse de 3% à 158,7 milliards d'euros. Une hausse de l’activité marquée par «des conditions de marché globalement favorables pour l'industrie pétrolière» d’après le PDG du groupe Christophe de Margerie.
Quelles conditions ? La flambée des cours de l’or noir, une «demande robuste», une progression des marges de raffinage et de nouveaux chantiers lancés par Total dans un but de diversification.
Le bénéfice s'est accru de 6%, à 16,7 milliards de dollars, un record qui ne se retrouve pas en euros avec un résultat en repli de 3% par rapport à 2006, soit 12,2 milliards d'euros.
Une activité intense et des recettes amplifiées par la flambée des cours du pétrole tout au long de l’année dernière se traduisent par un cash-flow disponible conséquent de 10,3 milliards de dollars, en hausse de 27%, ou 7 milliards d'euros, ce qui se traduit pour les actionnaires par un dividende en hausse de 11% à 2,07 euros par action.
L’avenir ne s’annonce pas noir pour Total
Premier motif de satisfaction chez Total : elle a produit plus que les autres majors et à un coût moyen d'exploration d’1,7 dollar par baril.
En outre, l’or noir a encore de beaux jours devant lui d’après le groupe, qui affirme avoir découvert l'an dernier un potentiel de réserve de 2 milliards de barils de brut. Au total, le groupe dirigé par Christophe de Margerie vise 5 milliards de barils de ressources à l'horizon 2010 contre 2,4 millions l’année dernière.
Comment ? En investissant dès 2008 dans de nouveaux ou anciens projets comme le champ de Dalia et de Rosa en Angola, ou de Dolphin au Moyen-Orient. Des investissements qui sont estimés à près de16 milliards de dollars (+8%) soit 12 milliards d'euros (-1%). Pour 2008, le groupe table sur «une croissance significative».
Total soigne son image de marque
Bonne ou mauvaise nouvelle à l’heure des protocoles de Kyoto et des conférences sur le réchauffement climatique ?
Total est conscient de son utilité pour les économies du monde entier, mais également de sa mauvaise image auprès de l’opinion publique française liée à la fois à la nature de l’or noir et au scandale de l’Erika. Tempérant sur ce dossier même s’il a décidé de faire appel de la décision de justice, Total se veut entreprenant sur le thème de l’environnement.
Total, entreprise écologiquement correcte ? Non mais le groupe pétrolier entend tout de même accroître son activité dans les énergies nouvelles.
Sur le front des investissements, Total a mis à exécution ses paroles sur le retrait progressif de Sanofi-Avenits après avoir critiqué le désengagement partiel mais brutal de l’Oréal. Dans son communiqué le groupe a affirmé avoir commencé à céder en 2007 0,4% du capital du groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis, pour en détenir au 31 décembre 13,06%. Total aurait «continué» à céder des parts depuis le début de l'année d'après un porte-parole du groupe conformément à sa stratégie de vendre «au fil de l'eau» sa part dans le groupe de pharmacie.
L’action est en baisse en fin de matinée de 0,93% à 49,04 euros.
Laure Gaillard