Leclerc attend de pied ferme l’ouverture du marché des médicaments, une réforme annoncée en mars par le gouvernement. Ce dernier prévoit en effet d’autoriser la vente en libre service d’environ 200 médicaments à prescription facultative, mettant fin au monopole des pharmaciens.
Des prix 25% moins chers
Leclerc a toujours été très favorable à une telle mesure, déjà adoptée dans des pays comme l’Italie où le distributeur a profité de l'ouverture du marché. Evoquant une fois de plus la question du pouvoir d’achat, le groupe souligne la baisse du prix des médicaments qu’une telle mesure, espérée par l’ensemble du secteur de la grande distribution, entraînerait.
«Les prix des médicaments à prescription facultative seront 25% moins chers dans nos parapharmacies par rapport à la moyenne» en cas de libéralisation du marché, souligne ainsi Michel-Edouard Leclerc lors d’une conférence de presse.
Si le concept a réussit en Italie, la France est un cas à part. «A ce stade, rien n'est réglé en France et Dieu sait qu'il y aura débat!» rappelle-t-il. Il tient cependant à préciser qu'«il n'y aura de modération de l'inflation des médicaments que si on met en concurrence les pharmacies et d'autres réseaux de distribution».
Ce n’est pas la première fois que le distributeur s’insurge contre un monopole. Il avait agit de même contre celui des compagnies pétrolières sur le carburant et a été le premier à en vendre vers la fin des années 1970.
Il s’est ensuite attaqué à la parapharmacie dans les années 1980, au détriment des pharmacies. Ces dernières représentent désormais 4000 à 5000 références dans 110 parapharmacies Leclerc pour 6 millions de clients par an. Désormais, il souhaite que les produits pharmaceutiques s’intègrent à leur offre parapharmaceutique.
Une publicité qui fait débat
Leclerc part donc à l’assaut d’un autre monopole. De la même façon qu’avec les carburants et la parapharmacie, il milite activement pour la libéralisation, mais le succès n’est pas garanti.
Ainsi, pour arriver à ses fins, le distributeur a réalisé une publicité en image de synthèse proclamant : «les médicaments non remboursés sont de plus en plus chers. Leclerc demande que ses pharmaciens puissent vendre ces médicaments non remboursés à des prix Leclerc».
Elle a cependant été refusée (avec un avis ‘A ne pas diffuser’) par l’organe d’autorégulation, le Bureau de vérification de la publicité (BVP), du fait que «certains visuels peuvent être perçus comme dénigrants à l'égard des médicaments». Cependant, contre toute attente, les chaînes TF1 et M6 comptent passer outre cet avis défavorable, sans valeur légale, et la diffuser dès vendredi.
La publicité pourrait également faire face à l’opposition du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui interdit les messages à caractère politique. Un avis défavorable qui entraînerait par contre obligatoirement une interruption de la campagne.
W.A.