Paris reste une valeur sûre du marché immobilier avec la petite couronne (des villes de banlieue de plus en plus considérées comme des arrondissements de Paris) tandis que la grande couronne pâtit d’une demande insuffisamment solvable.
La tendance du marché pour 2008 est caractérisée par une hausse des prix modérée de 3 à 4% en Ile-de-France en baisse par rapport à 2007 (+6%) et au «découplage» du marché immobilier, d’après la Fnaim.
Essoufflement relatif du marché…
La Chambre des notaires relevait début avril un essoufflement du marché de l’immobilier dans la région Ile-de-France, puisque la hausse des prix dans les appartements anciens a été de 10,5% sur un an à Paris (contre 9,7% un an plus tôt), de 7,1% en petite couronne contre 10,6% et de 4,7% en chute brutale par rapport à l’année dernière (+11%) en grande couronne.
La Fnaim relève également une «stabilisation» du marché depuis le début de l’année, qui confirme et accentue l’assagissement du marché. Un marché sage caractérisé par un ralentissement des prix après l’explosion de l’offre des dernières années.
L’offre et la demande sont toujours là, mais l’environnement a changé depuis quelques mois : «turbulences des marchés financiers», «gestion plus rigoureuse des encours de crédit» et «reprise de l'inflation et les menaces sur le pouvoir d'achat», d’après les notaires, un environnement qui pèse sur l’activité et notamment sur les opérations de vente. La Fnaim insiste sur la «plus grande prudence des banques», qui ont pourtant été le soutien du marché pendant des années. Le groupe prévoit une hausse des prix comprise entre 3 et 4% en 2008, c’est-à-dire proche de l’inflation mais le marché francilien reste un marché attractif.
…qui reste un marché attractif
Certes, le «marché immobilier francilien est entré dans une phase de ralentissement d'activité», d’après les notaires, mais l’essoufflement est limité et les prix seront tout de même en hausse de 3% à 4% en Ile-de-France en 2008, d’après la Fnaim après une hause de 6% en 2007.
Deuxième caractéristique du marché : le tropisme parisien s’exacerbe amplifiant le «découplage» entre Paris et la première couronne d'une part, et la seconde couronne d'autre part, a annoncé mardi Jean-Hervé Ruellan, administrateur de la Chambre Fnaim Paris-Ile-de-France.
Un marché, jusque-là «homogène», devient dual, presque inversé du point de vue de l’offre et de la demande : pénurie de biens dans les deux premiers cercles et pénurie de clients solvables en grande banlieue.
Ailleurs, en France et dans le monde…
A un plus haut niveau, celui des huit premières agglomérations françaises, «l’essoufflement» est plus évident, d’après l’indice PAP (De Particulier à Particulier) publié aujourd'hui.
La baisse des prix des appartements est de 0,39 % en mars tandis que le prix des maisons est en hausse de 0,12 % pour les maisons, soit une hausse de1,28 % pour les appartements et une baisse légère de 0,42 % pour les maisons sur un an. Le début de l’année 2008 confirme les tendances enregistrées depuis maintenant quelques mois, à savoir une stagnation des prix de l'immobilier, voire une légère baisse, d'après l'indice PAP.
Le marché immobilier dans l’Hexagone bien que contrasté au niveau national et régional reste un marché vigoureux et «favorable», d’après une étude de l’agence de notation financière Standard & Poor's, ce qui n’est pas le cas de l’Espagne et de la Grande-Bretagne, pays dans lesquels de sévères corrections sont à attendre.
L’Espagne reste le pays le plus inquiétant en raison d’une déconnexion entre l’offre et la demande qui a conduit à un «parc de nouveaux logements pléthorique», alors que la demande devrait se tasser. D’ores et déjà, S&P a relevé «une baisse très forte de l'activité dans les 12 à 18 mois et une croissance négative des prix (0 à -5 %)».
Le Royaume-Uni devrait être touché dans une moindre mesure puisque les prix devraient être, non pas négatifs, mais «relativement stables en 2008 et en légère croissance, de 4% environ, en 2009 d'après S&P.
Une prévision démentie brutalement par les chiffres de Halifax, le spécialiste britannique du prêt immobilier, qui a annoncé aujourd'hui que les prix des maisons en Grande-Bretagne ont plongé de 2,5% en mars. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis quinze ans. Cette nouvelle baisse relance les craintes d’une dépression généralisée des prix de l’immobilier en Europe.
Laure Gaillard