Toujours au bord du gouffre, Alitalia dispose d’un léger sursis selon son conseil d’administration. Fin mars, Alitalia disposait d’environ 170 millions d’euros de fonds de trésorerie. Des liquidités qui devraient permettre à la compagnie de poursuivre son activité «sur le très court terme»… en attendant de voir si Air France-KLM donne suite au dossier.
La survie d'Alitalia en question
Alors que le franco-néerlandais était en négociations exclusives pour reprendre l’italien, les négociations ont été rompues la semaine dernière entre la direction d’Air France et les syndicats d’Alitalia, jetant le doute sur les chances de survie de ce dernier. L'actuel ministre de l'Economie italien l'a d'ailleurs répété à maintes reprises : sans une reprise par le franco-néerlandais, Alitalia court à la faillite.
Le Conseil d’administration d’Alitalia a par ailleurs «accueilli favorablement» le communiqué d’Air France-KLM, lequel ne fermait pas la porte à une reprise des discussions, sans pour autant s’engager à revenir à la table des négociations.
Un 'soutien financier substantiel' est nécessaire
Les salariés d’Alitalia attendent la suite du dossier avec anxiété, les fonds de la compagnie ne lui permettant que d’assurer la survie du groupe à court terme, qui a besoin d’un «soutien financier substantiel» pour «confirmer la continuité de ses opérations».
Difficile de dire, pour l’heure, si les négociations vont effectivement redémarrer avec Air France-KLM, et si les syndicats pourront trouver un terrain d’entente avec celui-ci, qui entend rester ferme sur les conditions de la reprise.
Les élections législatives très attendues
Prochaine échéance importante : les élections législatives des 13 et 14 avril, dont l’issue devrait être déterminante dans le dossier Air France/Alitalia. Une victoire de Silvio Berlusconi, le leader de la droite italienne donné favori par les sondages, pourrait signer la fin du deal.
Celui-ci a de nouveau appelé à la fin de la négociation, qu’il a qualifiée d’insensée. Or, la direction d’Air France-KLM a toujours affirmé que le soutien du gouvernement était essentiel à l’aboutissement du projet de reprise…
Antoine Pietri