Le Wall Street Journal révèle que Merrill Lynch devrait annoncer demain des dépréciations supplémentaires pour 6 à 8 milliards de dollars (de 3,76 à 5,02 milliards d’euros).
Des dépreciations qui atteindraient 30 milliards de dollars
Les dépréciations de la banque pourraient ainsi atteindre près de 30 milliards de dollars (18,81 milliards d’euros) au total depuis le début de la crise en juillet.
La banque, fortement impactée par les subprimes, devrait dans le même temps publier des résultats en forte baisse au titre de son premier trimestre, selon une source proche du dossier. Ce qui porterait à trois le nombre de trimestres consécutifs de pertes nettes, une première historique pour l’établissement américain.
Merrill Lynch avait déclaré le 8 avril dernier ne pas avoir l’intention de réaliser une nouvelle augmentation de capital, alors que ces dépréciations n'étaient pas encore prévues.
La banque dirigée pat John Thain, par ailleurs ex-dirigeant du Nyse Euronext, devrait annoncer en conséquence des licenciements dans le cadre d’un plan de restructuration.
De nouvelles dépréciations seraient à prévoir pour les banques américaines
Merrill Lynch se trouve ainsi dans une situation plus délicate que ses concurrentes. Le groupe a en effet tardé à réagir par rapport aux autres établissements. La banque n’a pas vendu ses créances hypothécaires à risque à temps et a continué à vendre des produits structurés en 2007, sans faire attention aux signes de retournement de ce marché qui étaient pourtant apparus dès 2005.
Les banques américaines dans l’ensemble semblent par ailleurs être entrées dans une nouvelle phase de dépreciations alors que les ministre des finances du G7 les ont appelés à clarifier leurs pertes potentielles et dévoiler tous leurs actifs à risques, tout en proposant une solution tangible, dans les 100 jours.
Le G7 se base ainsi sur le rapport du Forum de stabilité financière qui préconisait «le renforcement des fonds propres lorsque c’est nécessaire».
Ces dernières semaines, de nombreuses banques ont dû réaliser des recapitalisations à l’image de Lehman Brothers qui début avril a levé 4 milliards de dollars (2,51 milliards d’euros) suivi ensuite par Washington Mutual avec 7 milliards de dollars (4,39 milliards d’euros) et Wachovia lundi avec une opération annoncée également à 7 milliards de dollars.
Cet appel a été lancé alors que la plupart des banques devraient annoncer leurs résultats au titre du premier trimestre cette semaine, une occasion idéale de revoir la valeur de leurs actifs au vu de la crise continue que subissent les marchés.
De nouvelles dépréciations sont donc attendues pour certaines banques et notamment pour Citigroup qui publiera ses résultats trimestriels vendredi et dont les dépreciations sont estimées par les analystes à plus de 10 milliards de dollars (6,27 milliards d’euros).
Ces sernières pourraient amener les banques à procéder à de nouvelles levées de fonds. Wachovia avait déjà réalisée une telle opération en février pour 3,5 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros), mais de nouvelles dépréciations relanceraient le besoin en capitaux.
Si les banques américaines dévoilent effectivement l’ensemble de leur exposition aux crédits à risque, l’incertitude risque ensuite de toucher les banques européennes qui pourraient se voir également demander de clarifier leur situation.
W.A.