Dans la lignée de «la bonne tendance du quatrième trimestre» 2007, Carrefour a réalisé un chiffre d'affaires de 23,37 milliards d'euros au premier trimestre 2008, en hausse de 10,2% en comparaison annuelle et de 10,5% à taux de change constant. Les analystes attendaient un chiffre d’affaires de 23,19 milliards d’euros.
Cap sur les pays émergents
A magasins comparables, la croissance des ventes du groupe ressort à 4,1%. Autrement dit, le numéro un européen et numéro deux mondial de l’agroalimentaire ouvre de plus en plus de magasins et en ouvre de plus en plus sur les marchés émergents, Amérique Latine et Asie en tête.
Cette offensive commerciale avec l’ouverture ou l’acquisition de 272 nouveaux magasins, soit 301 000 m2 de surfaces nouvelles sur le premier trimestre permet à Carrefour de résister et d’atténuer les effets de «conditions de marché actuelles difficiles» et même «plus dures [qu']anticipé à la fin de l'année dernière».
Le marché européen et français à cet égard est révélateur avec une consommation moins dynamique et des phénomènes de restriction de la consommation dite «discrétionnaire», c’est-à-dire hors produits de première nécessité.
Le groupe Carrefour présent dans le non-alimentaire pâtit de cet effet d’éviction de la consommation comme le souligne Nicolas Champ, analyste du secteur chez Oddo Securities : «Carrefour fait moins bien que Casino et cela est lié à leur plus forte exposition au non-alimentaire».
UBS recnhérit parlant de «mauvaises performances pour les produits non-alimentaires» des hypermarché français.
Carrefour se veut rassurant pour 2008
La menace provient également de l’emballement des cours des matières premières alimentaires comme le blé. Cette flambée avait été dénoncée par le président du directoire José Luis Duran qui avait déclaré que l’augmentation des coûts était «plus rapide que celle des prix» et surtout plus «structurelle» que cyclique. Il avait déclenché une mini-tempête sur le marché et dans le groupe.
Aujourd’hui, le même José Luis Duran affirme que «nous avons les moyens nécessaires pour remplir nos engagements» et confirme une nouvelle fois ses objectifs.
Le groupe confirme ses objectifs 2008 d’une croissance organique comprise entre 6 et 8% en 2008, d’une croissance de son résultat opérationnel plus rapide que celle de ses ventes, et confirme qu'il devrait générer 1,5 milliard d'euros de cash flow libre et améliorer son ROCE (Retour sur capitaux employés).
UBS résume les principaux enseignements de ce chiffre d’affaires : s’il est supérieur aux attentes, c’est en raison des «bonnes performances des marchés émergents». A l’inverse, les hypermarché français «affichent de mauvaises performances pour les produits non-alimentaires», mais si celles-ci sont compensées par l'augmentation des prix de l'alimentation.
Enfin, UBS profite de cette occasion pour saluer les changements survenus hier au conseil de surveillance avec l’entrée de Bernard Arnault au conseil de surveillance en remplacement de Robert Halley. Il y siège aux côtés de Colony Capital. Tous deux réunis dans Blue Capital, détenu à parité par le groupe Arnault et le fonds Colony Capital, qui a franchi la barre des 10% du capital (10,7%) du distributeur français mi-avril devraient influencer la stratégie d’après la banque suisse. Celle-ci maintient la recommendation 'neutre' et l'objectif de cours à 51 euros.
L'action reste dans le vert après avoir clôturé hier en hausse de 2,55%. Elle vaut aujourd'hui 46,78 euros, en hausse de 1,15%.
Laure Gaillard