Les résultats trimestriels d’EADS présentés hier après bourse sont en forte hausse et largement au-dessus des attentes grâce surtout à la rentabilité retrouvée d’Airbus mais aussi grâce à «toutes les divisions» du groupe. Louis Gallois insiste sur l’activité de ces divisions, appelées à être plus visibles et moins écrasées à l'avenir par Airbus comme le préconise le plan Vision 2020.
Pour 2008, EADS prévoit le maintien d'un objectif d'Ebit de 1,8 milliard d'euros. Mais les difficultés présentes sont nombreuses et «il nous reste encore beaucoup à faire pour atteindre notre objectif d'une amélioration significative et pérenne de notre performance opérationnelle», a décrété Louis Gallois ce matin. Les difficultés se concentrent sur Airbus.
Airbus doublement mise au régime
Certes, «la situation financière d'Airbus s'est fortement améliorée» avec un résultat d'exploitation de 628 millions d'euros sur les 769 millions d'euros dégagés par le groupe, d’après Louis Gallois, mais la filiale numéro un du groupe doit être restructurée.
Le plan social additionnel au plan Power 8, adopté en février 2007 après les retards de l’A380, répond à deux logiques : une demande soutenue auprès d’Airbus et un dollar durablement bas.
Ainsi si «nous sortons les A320, A330 avec une régularité de métronome, (...) et nous avons vendu plus 450 avions depuis le début de l'année, soit plus que notre concurrent», le groupe connaît également des retards. Le calendrier de l’A380 est effectivement marqué par de nouveaux retards et Louis Gallois a confirmé que des compensations financières étaient en discussions, tout en assurant que le montant de la pénalité financière pour Airbus ne serait pas «comparable à ce qu'on a connu pour les premiers retards».
Par ailleurs, le dollar -«épée de Damoclès» pour Louis Gallois voire véritable «maladie»- reste la principale menace. L'impact du dollar a porté sur environ 500 millions d'euros au premier trimestre mais la situation pourrait s’aggraver dans les trimestres à venir.
La réponse du groupe consiste dans des «mesures additionnelles» au plan d'économies Power 8 qui revêt principalement la forme de délocalisations dans des pays «qui sont à l'abri des risques de change».
Le PDG envisage également de réaliser «des économies, sur des éléments de recherche et développement». Il plaide pour que l’emploi ne soit pas la variable d’ajustement saluant au passage «les efforts des personnels d'EADS».
Parallèlement, Louis Gallois confirme la poursuite du plan Power 8 et notamment de la cession des sites, qui est provisoirement repoussée mais qui «va se poursuivre». Cette décision de filialiser provisoirement les sites allemands et français s’explique par un enjeu supérieur : le respect du calendrier de l’A350.
A cet égard, Louis Gallois a déclaré lors d'une conférence téléphonique que le programme de l'Airbus A350 est «dans les temps» malgré l'interruption des discussions sur la vente de cinq sites Airbus en France et en Allemagne.
L'action reste largement en tête du CAC à 16,48 euros, en hausse de 4,83%.
Laure Gaillard