A 892 millions d’euros, le bénéfice du Crédit Agricole marque un recul de 66,4% au premier trimestre 2008. Un chiffre largement imputable à la crise immobilière américaine, puisque les dépréciations d’actifs liées aux subprimes ont coûté 1,2 milliards d’euros à la banque verte.
Calyon dans le collimateur
Calyon, la filiale de banque de financement et d’investissement du Crédit Agricole, affiche donc une perte de 795 millions d’euros au premier trimestre.
Au quatrième trimestre 2007, celle-ci avait connu un déficit record de 1,9 milliard. Au total, la crise des marchés financiers aura coûté plus de 4 milliards d’euros au Crédit Agricole.
La banque a d’ailleurs profité de la présentation des résultats pour officialiser le départ de Marc Litzer, le patron de Calyon, remplacé par Patrick Valroff, le directeur du pôle Services financiers spécialisés.
La banque reste dans le vert grace aux plus values
Les métiers banque de détail et métiers spécialisés ont au contraire enregistré des progressions de 24,6% et 2,1% respectivement de leur produit net bancaire. Toutefois, si le Crédit Agricole parvient à rester dans le vert au premier trimestre, le bénéfice de 892 millions d’euros enregistré sur la période est lié en large partie à des plus-values.
La banque annonce donc un plan de rigueur, qui passera notamment par un programme de cession d’actifs de 5 milliards d’euros sous 18 mois.
Pas d'acquistion pour l'instant
Côté rachats, le Crédit Agricole prévoit de se serrer la ceinture : aucune acquisition «significative» n’aura lieu jusqu’à nouvel ordre, à commencer par les banques Bankinter et Banca Della Marche, deux dossiers en cours.
Enfin, l’augmentation de capital annoncée mardi aura lieu avant l’été. Celle-ci devrait permettre de lever 5,9 milliards d’euros, en vue de faire face aux dettes de Calyon.
Les activités de cette dernière devraient par ailleurs être réorientées, avec une réduction des activités à risque. La BFI devrait par ailleurs se voir allouer des fonds propres plus restreints.
An. P.