La Coface, filiale de Natixis, craint le début d’une crise du crédit. En effet, selon l’assureur-crédit, les incidents de paiement des entreprises ont augmenté de 45% sur les quatre premiers mois de l’année par rapport à l’année précédente à la même période.
Craintes sur une crise du crédit en France
Cette augmentation laisse craindre à l’assureur un début de crise de crédit dont cela serait les premiers signes.
«C'est très clairement l'indice du début d'une crise du crédit, même si cet indicateur, assis sur les déclarations des assurés de Coface dans ses 65 pays de présence, sur-réagit classiquement au démarrage d'une crise», prévient-il dans un communiqué.
Selon la Coface, la crise financière a atteint l’économie réelle par le biais de la baisse de la demande aux Etats-Unis, impactant l’Amérique du Nord mais aussi tous les pays et secteurs dont l’activité avec ce pays est importante, et via l’accès aux crédits rendu plus difficile.
Ces facteurs ont ensuite été aggravés par la forte hausse des prix des matières premières, l’appréciation des devises face à un dollar de plus en plus faible.
«La cinquième crise de crédit depuis le premier choc pétrolier est commencée, le comportement de paiement des entreprises s'est nettement détérioré depuis le début de l'année 2008 même si ceci est largement passé inaperçu en France, encore très peu affectée», déclare Jérôme Cazes, directeur général de Coface, dans le communiqué.
La France, ainsi que l’Allemagne, sont pour le moment «très peu touchées», précise le communiqué.
L’assureur abaisse en outre sa note sur sept secteurs qu’il juge «diversement fragilisés» par cette crise, soit les composants électroniques, l’industrie papetière, la grande distribution, l’automobile, le BTP, le transport aérien, le textile et l’habillement. Certains ont été abaissés au niveau mondial là où d’autres l’ont été qu’au niveau Europe ou Etats-Unis.
«Peu de secteurs échappent à la crise, mais certains comme la sidérurgie, la chimie, la mécanique, la pharmacie, les technologies de l'information et la communication parviennent à réduire l'impact de ces chocs grâce à une bonne orientation de leur marché et une forte internationalisation, notamment dans les pays émergents dont la conjoncture résiste», note la Coface.
W.A.