Les taux d’intérêt des prêts immobiliers aux particuliers sont en forte augmentation depuis quelques semaines. Pour la première fois depuis 2003 le taux des prêts à 20 ans a franchi la barre des 5%.
Mais selon les analystes cette tendance pourrait se confirmer avec un taux évalué de l’ordre de 5,25% cet été. «Pour cet été, nous anticipons une nouvelle hausse du coût du crédit avec des taux qui pourraient atteindre 5,20%», explique ainsi Geoffroy Bragadir, fondateur d'Empruntis.com.
Selon le courtier en ligne Empruntis.com les taux d'intérêt entre début mai et mi-juin ont enregistré une progression de 0,20%.
La raison de cette hausse est expliquée par le fait que les taux d’intérêt des prêts aux particuliers suivent l’évolution des OAT (obligation assimilable au Trésor). C’est taux qui ont augmenté en trois semaine de 36 points de base à 4,91% entrainent dans leurs hausse les taux d’intérêt.
Pourquoi les banques suivent-elles cette tendance ?
«Dans une situation de marchés financiers très volatiles depuis cet été, les banques avaient reconstitué une partie de leur marge sur les crédits immobiliers, et ceci pour se positionner de manière attentiste. La remontée soudaine des OAT a fait disparaître ce surcroît de marge, forçant les banques à remonter leur prix afin de ne pas passer en dessous de leur coût de refinancement», explique le fondateur d’Empruntis.com.
Les banques voulant sécuriser et maitriser leurs marges ne peuvent que suivre la tendance et ainsi, resserrer les taux sur les prêts aux particuliers.
Les partenaires banquiers qui envisagent de nouvelles hausses des OAT cet été, craignent logiquement que la répercussion soit quasi-automatique sur les prêts aux particuliers.
Selon les calculs d’Empruntis, avec un crédit sur 20 ans souscrit en 2005, «la mensualité a progressé de 14% quand le coût total du crédit a bondi de 49% !».
Double conséquence pour l’emprunteur
La conséquence pour les particuliers est double, soit l’emprunt coûte plus cher, soit l’emprunteur ne peut plus emprunter.
Ainsi selon Cyril Blesson, directeur services financiers et macroéconomie au Bipe, «la hausse des taux exclut de la population des finançables une personne sur 5 : sur 100 dossiers finançables avec les taux de janvier 2007, il en reste 85 avec les taux de janvier 2008 et seulement 80 avec ceux de juin 2008».
Les seules exceptions seront autorisées pour les clients privilégiés qui ne présentent aucun risque de solvabilité. Aussi Geoffroy Bragadir rappelle-t-il que «les banquiers maintiennent cependant d'excellentes offres pour les bons et les très bons dossiers».
An.R.