François Fatoux
délégué général de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises
«Le paysage de la RSE dans le cadre du développement durable a évolué, particulièrement pour les entreprises et pour les investisseurs»
(Easybourse.com) Quelle est votre définition de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ? L'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) a adopté la définition de la Commission européenne : "La RSE est l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes". Cette définition est intéressante dans la mesure où elle souligne l'importance de rendre des comptes aux parties prenantes en considérant les dimensions sociale, environnementale et économique de la RSE. Enfin, elle insiste sur le caractère volontariste des engagements des entreprises. Quelle est votre perception actuelle de la RSE ? Depuis 2000, on constate que le paysage de la RSE dans le cadre du développement durable a évolué, particulièrement pour les entreprises et pour les investisseurs. Ce que l'on peut dire c'est qu'il y a un réel intérêt et un positionnement manifeste de ces derniers sur la question. Qu'en est-il de la sincérité des engagements pris ? Faute de visibilité suffisante, l'Observatoire ne peut pas le dire. Et puis ce n'est pas son rôle. A ce stade, nous ignorons si la RSE n'est qu'un phénomène de mode ou bien si elle s'imposera à long terme. Pour ce qui est des grandes entreprises, celles qui sont cotées, il n'y pas de doute. Depuis la loi NRE, ces sociétés sont soumises à l'obligation de publier lors de leur rapport annuel des informations extra financières, notamment sur leur politique sociale et sur leurs initiatives en matière de respect de l'environnement. Pour ce qui est des PME, la RSE est plus difficile à mettre en œuvre pour au moins trois raisons : le manque de moyens, l'absence de réglementation et l'impossibilité de leur transposer des outils comme les rapports de développement durable, les notations des agences. Quels sont les enjeux de la RSE ? La RSE s'est d'abord concentrée sur des fondamentaux tels que les conditions de travail, le respect des droits de l'homme ou la pollution. Aujourd'hui, comme pour le développement durable, chaque secteur d'activité est confronté à ses propres enjeux. Les secteurs de la finance, de la chimie, de la grande distribution, du pétrole ne partagent pas tout à fait les mêmes préoccupations. Certains se sentiront plutôt concernés par le respect des droits de l'homme, d'autres par la lutte contre la corruption, l'émission de gaz à effet de serre, la non discrimination ou l'égalité professionnelle... Qu'en est-il de la concrétisation des engagements des entreprises ? On a atteint une phase où les parties prenantes se professionnalisent. En témoigne l'émergence des agences de notation extra financière, comme Vigeo Group ou Innovest qui développent une approche sectorielle, la multiplication des ONG qui agissent aux côtés des entreprises en leur apportant une expertise non négligeable dans le cadre de ce que nous appelons les partenariats stratégiques. Quelles sont les lignes directrices de la Global Reporting Initiative (GRI) ? La GRI est une initiative datant de 1997 qui vise à développer un référentiel d'envergure mondiale en matière de " reporting ". Des lignes ont été définies pour accompagner les entreprises dans la préparation de leurs rapports en matière de RSE et de développement durable et ce afin de faciliter la comparaison entre opérateurs d'un même secteur d'activité. Elle tend à favoriser la diffusion d'une grille d'analyse commune. Aujourd'hui les entreprises s'en inspirent. Mais certaines sont confrontées à des problèmes comme celui de leur capacité à rendre compte de manière quantitative de l'ensemble des enjeux du développement durable. C'est pourquoi l'Orse a organisé pendant le premier trimestre 2006 une large consultation de ses membres sur les différentes thématiques du " reporting " des entreprises. A l'issue de cette consultation, l'Orse a formulé des propositions d'amélioration des indicateurs utilisés dans le cadre de la GRI, notamment dans sa dimension sociale et sociétale, et des recommandations, comme l'intérêt pour les sociétés de rendre compte de leur démarche de dialogue social international.
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