Partner en charge des transactions de capital-développement et de buy-out au sein de SGAM Alternative Investments
«La classe d’actifs capital développement offre un rendement moyen sur longue période (10 ans) de 13% à 14%»
(Easybourse.com) Pouvez-vous définir brièvement votre activité : le capital-développement ? Notre équipe est spécialisée dans l’accompagnement en fonds propres d’entreprises de taille moyenne, bien établies sur leur marché et dotées d’une structure financière saine. Nous prenons des participations dans des PME qui souhaitent soit renforcer leurs capitaux propres, afin de financer un projet de croissance ambitieux (organique ou externe), ou de reconfigurer leur structure actionnariale (par exemple OBO (Owner Buy Out) ou MBO (Management Buy Out)). Ces opérations sont réalisées au travers de fonds d’investissement gérés pour compte de tiers (essentiellement institutionnels) , garantissant une parfaite indépendance de gestion et une convergence d’intérêts avec les actionnaires dirigeants.
Comment peut-on analyser l’apport du capital investisseur pour l’entreprise? L’intervention d’un capital-développeur est un formidable accélérateur de croissance pour l’entreprise et s’inscrit dans une véritable logique de partenariat avec ses dirigeants. Par son apport en fonds propres, il constitue une aide précieuse à la concrétisation de projets de développement. C’est aussi une ressource stratégique constante qui facilite la prise de décision opérationnelle des dirigeants, mais toujours avec le recul nécessaire.
On évoque aussi souvent un impact positif en terme de structuration de l’entreprise. Qu’en pensez-vous ? C’est tout à fait exact, le capital-développeur apporte une contribution majeure à la formalisation des outils de gestion et de l’information financière. Il joue souvent un rôle moteur dans le renforcement des process internes des sociétés du portefeuille. Il permet également une meilleure appropriation et diffusion par l’entreprise de pratiques efficaces de gouvernance.
Qu’en pensent les salariés ? Ne voient-ils pas l’entrée d’un investisseur financier d’un œil méfiant ? Rappelons que notre intervention n’a pas vocation à bousculer la bonne marche de la société. Elle s’opère sur un mode minoritaire et non interventionniste dans la gestion de la société. En réalité, le soutien financier que nous apportons crédibilise le projet de l’entreprise auprès des tiers (banquiers, fournisseurs, clients,…) mais aussi en interne. L’accompagnement du capital-développeur est vécu par les salariés comme la preuve des perspectives favorables de leur entreprise. C’est aussi un signal fort positif pour les représentants syndicaux.
Du point de vue de l’investisseur, quel intérêt présente la classe d’actifs « capital développement » ? Cette classe d’actifs offre un rendement moyen sur longue période (10 ans) de 13% à 14% , selon les données recueillies et publiées par les organismes professionnels tels que l’AFIC ou l’EVCA. Dans ce segment, la profondeur et la qualité du deal flow constitue le facteur clé de performance. Elle permet en effet d’assurer une hyper-sélectivité des cibles. A cet égard, les protocoles d’apport d’affaires que nous avons signé avec les réseaux Crédit du Nord et Société Générale sont reconnus par nos confrères comme des atouts précieux pour délivrer de la performance aux investisseurs.
Mais qu’en est-il de la liquidité de ce placement ? Il est clair qu’investir dans un fonds de capital développement suppose de se placer dans une optique moyen/ long terme. Cet horizon de placement est cohérent avec la durée nécessaire pour que l’entreprise en portefeuille exprime pleinement son potentiel de valorisation. C’est à ce prix qu’il est possible d’atteindre une surperformance de cet actif par rapport aux autres classes d’actifs.
Ceci étant, il me faut souligner la possibilité pour un investisseur de céder ses parts de gré à gré à un autre investisseur, le marché secondaire ayant connu un fort développement ces dernières années. En outre, si de belles opportunités de cession se présentent, le retour sur investissement peut être très rapide. L’opération Norisko, un des leaders français du contrôle technique industriel, en est un bel exemple. En effet, la cession de cette seule participation a permis de retourner, au bout de 18 mois à nos investisseurs, les 2/3 des capitaux investis sur 4 opérations.
En 1991, Amar Douhane intègre le Groupe Société Générale -Direction des marchés de capitaux- où il exerce, jusqu'en 1996, diverses fonctions, notamment de responsable clientèle, puis de senior market economist dans le domaine des marchés à terme et d'options.
Fin 1996, Amar Douhane rejoint la direction de la stratégie du groupe SG, où il exercera, pour la direction générale, une fonction de conseil en stratégie et fusion-acquisitions.
Fin 2002, Amar rejoint SGAM AI Private Equity pour créer avec F. Exshaw, le pôle Capital-Développement.
Amar est titulaire d'un DEA de Finance de l'Université Paris IX Dauphine et HEC. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages financiers et enseigne dans le Master d'ingénierie financière à l'Université de la Sorbonne.