Alain Villez
Directeur adjoint de l'URIOPSS Nord Pas-de-Calais et Vice-président des Petits frères des pauvres
«L’UNIOPSS envisage de solliciter le mécénat de grandes entreprises»
UNIOPSS : Union Nationale Interfédérale des œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux URIOPSS: Union Régionale Interfédérale des œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux Qu'évoque pour vous, a priori et dans l'exercice de votre métier, le terme de capital immatériel ? En tant qu’association le capital immatériel de notre union est constitué avant tout par ses valeurs et son ancrage social qui doit lui permettre d’être le vecteur des besoins exprimés par les publics les plus fragiles auxquels se consacrent prioritairement les associations de notre réseau.
Pouvez-vous nous décrire brièvement le fonctionnement de votre association: ses missions et leur mise en œuvre ? L’UNIOPSS a été crée en 1946 afin de fédérer les œuvres et organismes privés à but non lucratif engagés dans l’action sanitaire, sociale et médico-sociale au moment où se mettait en place la Sécurité Sociale. Dès cette époque la spécificité de l’UNIOPSS reposait sur la mise en réseau d’acteurs d’origine confessionnelle et idéologique très diverse. Un regroupement très œcuménique qui rassemblait aussi bien, le Secours catholique, l’Entraide protestante que l’Armée du salut, et le Secours populaire.
L’UNIOPSS a vocation à regrouper 25 000 établissements et services privés à but non lucratif du secteur social, médico-social et sanitaire, par l’intermédiaire de ses 23 unions régionales (URIOPSS) et de ses 110 adhérents nationaux. Ces dernières sont des fédérations ou unions d’associations impliquées plus particulièrement dans tel ou tel secteur mais pas spécifiquement dans une seule région.
Qui sont les salariés qui gèrent la structure ? L’UNIOPSS, pour l’ensemble de ses services, dispose d’une trentaine de salariés. Il s’agit surtout de conseillers techniques et de chargés de mission chargés plus particulièrement de l’animation et de la représentation des différents secteurs de l’action sanitaire et sociale (Personnes âgées, personnes handicapées, insertion, petite enfance, jeunes en difficultés, vie associative, etc.).
Comment se compose et se structure la direction au niveau institutionnel et au niveau opérationnel ? La gouvernance de l’UNIOPSS est assurée avant tout par son conseil d’administration composé de bénévoles élus par l’assemblée générale parmi les membres de l’UNIOPSS (URIOPSS, adhérents nationaux et personnes qualifiées).
Le conseil d’administration désigne en son sein un bureau composé comme de coutume, d’un président, de deux vices présidents, d’un secrétaire et d’un trésorier. A noter que la présidence ne peut être assurée que par une personne qualifiée.
Le conseil d’administration nomme un directeur général (salarié) qui est chargé de la mise en œuvre des objectifs déterminés par le conseil d’administration.
Comment les liens entre l'association, ses donateurs et ses adhérents évoluent-ils ces dernières années ? Notre réseau a connu ces dernières années des mutations importantes liées essentiellement à la fragmentation des regroupements associatifs parallèles aux mutations de l’action sanitaire et sociale. La mission interfédérale de notre union s’en trouve paradoxalement à la fois valorisée et fragilisée.
Le sentiment d’appartenance à un même réseau s’affaiblit en effet au fur et à mesure que se démultiplient ces regroupements, et les associations de terrain se trouvent écartelées entre plusieurs affiliations qui ne sont pas toujours articulées les unes avec les autres.
L’UNIOPSS ne bénéficie pas aujourd’hui de dons ou de legs bien que sa reconnaissance d’utilité publique le lui permettrait. Historiquement l’UNIOPSS n’a jamais voulu faire de l’ombre à ses adhérents nationaux qui font appel à la générosité publique. Toutefois l’UNIOPSS envisage à court terme de solliciter le mécénat de grandes entreprises pour mieux assurer ses bases financières.
Quelle est la nature et l'origine des ressources financières ? Le budget de l’UNIOPSS est alimenté tout d’abord par les cotisations de ses 2 catégories de membres, viennent ensuite les produits des conventions qui nous lient à diverses autorités publiques ou grandes institutions, divers produits issus des publications et manifestations de l’UNIOPSS contribuent également au financement de ce budget.
Organisez-vous des évènements ou des congrès avec une bonne visibilité médiatique de façon à toucher le grand public ? L’UNIOPSS organise tous les deux ans un congrès qui rassemble plus d’un millier de participants. Le dernier s’est tenu à Nantes en 2008. Nous sommes toutefois déçus par la couverture médiatique qui n’est pas à la hauteur d’un évènement qui rassemble autant de personnes.
Quel retour avez-vous, à la fois en interne et de l'extérieur de la structure, de la mise en avant de la notoriété de l'association pour lever des fonds ? L’UNIOPSS n’organise pas de levées de fonds à son profit. En revanche au bénéfice de ses adhérents nationaux concernés, l’UNIOPSS a installé il y a une quinzaine d’années un Comité de la Charte des organismes faisant appel à la générosité publique. Cet organisme indépendant de l’UNIOPSS par son réseau de «censeurs» bénévoles authentifie la déontologie des pratiques des associations concernées en matière de levée de fonds et de transparence des informations délivrées au public.
Si les aides publiques se font plus rares, l'utilisation de vos avantages compétitifs liés à votre capital immatériel est-elle assez visible sur les différents marchés des apporteurs de fonds (donateurs privés, mécénat d'entreprise) ? Effectivement, alors que l’UNIOPSS dans un souci de diversification de ces ressources souhaite solliciter du mécénat d’entreprise, nous peinons à faire la démonstration de la valeur ajoutée de la non «lucrativité» de nos actions par rapport à celles relevant d’une logique purement marchande.
Quels sont les leviers principaux sur lesquels vous vous appuyez pour créer de la valeur (sociale et/ou économique) ? Nous nous appuyons sur la «non lucrativité» et l’ancrage social qui restent les deux valeurs légitimant les spécificités méritoires des associations telles que les décrivait François Bloch Lainé, ancien président de l’UNIOPSS.
Propos recueillis par les étudiants du projet collectif «Tribune Sciences-Po de l’économie de l’immatériel»
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