Laurent Dubois
Responsable des relations investisseurs du groupe Altran
«Notre actionnaire de référence, Apax, atténue clairement le caractère opéable de la société»
(Easybourse.com) Votre chiffre d’affaires semestriel est ressorti dans le haut de la fourchette des analystes. Quels enseignements en tirez-vous ? La France continue sur un rythme de croissance raisonnable et l’international qui avait été un peu mou sur le premier trimestre se redresse avec en particulier de bonnes performances de l’Allemagne et de l’Europe du sud. Il est également à noter qu’hors effet de change, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont en croissance ce qui est très satisfaisant Par pôle, quels sont ceux qui ont été les plus dynamiques et ceux qui se sont moins bien comportés sur la période ? L’aéronautique, l’energie se portent bien, plus difficile dans l’auto et les banques Percevez-vous les premiers signes d’un ralentissement de l’activité en France et à l’international ? Non, au regard de nos chiffres ce n’est pas le cas. Nous sommes attentifs sur l’environnement mais pas de pessimisme à ce stade. Il faut reconnaitre que l’activité la plus sensible au cycle (le conseil en management) a vu sa croissance se tasser au deuxième trimestre avec 4% de croissance environ contre 13% au premier trimestre. Nous sommes prets à réagir à tout ralentissement de la demande qui arrivera peut-être dans les prochains mois, mais à ce stade nous ne percevons pas de signe d’un ralentissement généralisé. Vous souhaitez maintenir un rythme de croissance comparable à celui du marché. Comment y parviendrez-vous ? En saisissant les opportunités dans le marché et en répondant au mieux aux demandes de nos clients. A ce stade nous sommes en phase avec la croissance du marché La poursuite des efforts de réduction de coûts vous permettra t’elle de préserver voire d’améliorer votre marge opérationnelle au premier semestre et sur l’ensemble de l’exercice ? C’est un des éléments, le marché attend aujourd’hui entre 6 et 6,5% de marge d’exploitation au premier semestre 2008 contre 4,9 au S1 2007. Nous sommes à l’aise avec ces estimations. La réduction des coûts est un des leviers d’amélioration des marges avec la poursuite du développement du chiffre d’affaires. Nous ne donnons cependant pas d’objectifs de marge ni pour le premier semestre ni pour l’année Comment évolueront vos effectifs au cours de l’année et quels sont vos besoins ? Nous devrions continuer à faire croître nos effectifs à moins d’un renversement de tendance brutal au cours du second semestre 2008. Encore une fois, nous sommes très attentifs à l’évolution de l’environnement et nous réagirons vite si des adaptations sont nécessaires. La réalité est que nos besoins dépendent surtout de l’évolution des besoins de nos clients auxquels nous souhaitons coller au plus près possible. Vous venez de boucler votre plan de refinancement. A quoi serviront les capitaux levés ? Comme nous l’avons dit à renforcer notre structure financière et surtout à reprendre une politique d’acquisition ciblée. Le groupe souhaite accélerer son développement en complétant son offre par acquisition si nécessaire En terme d’acquisition, vous n’écartez pas la possibilité d’effectuer des opérations ciblées. Quels sont les domaines et les zones géographiques qui seront privilégiés ? Nous souhaitons rester souples et opportunistes et nous interdire aucune opération. La seule chose qui est certaine à ce stade est que nous souhaitons plutôt faire de petites ou moyennes opérations dont la vocation est de renforcer nos compétences sectorielles ou éventuellement de compléter géographiquement nos offres. Sur le plan capitalistique, que vous inspire la montée en puissance des fonds d’investissement dans votre tour de table (Apax, AXA IM PE) ? C’est à notre sens une reconnaissance du potentiel qu’offre le groupe. Cette plus grande ventilation du capital ne renforce t-elle pas le caractère opéable d’Altran ? Le capital nous semble au contraire plus concentré et surtout nous avons désormais clairement un actionnaire de référence, Apax, qui supporte la vision du management et qui a investi dans une optique de moyen terme en donnant au groupe de nouveaux moyens pour accélerer son développement, c’est donc une très bonne nouvelle Pensez-vous que le niveau actuel de votre action reflète les fondamentaux et les perspectives de votre société ? Nous ne commentons jamais le niveau du cours de bourse qui est déterminé par les acteurs du marché à un moment donné.
Propos recueillis par Imen Hazgui |