Gorgio Cortiana
Responsable de la recherche actions chez UBS Wealth Management
«L'efficience énergétique et l'agrobusiness, des thèmes d'investissement gagnants»
(Easybourse.com) En quoi les entreprises impliquées dans la production et la distribution des secteurs de base de la vie constituent-elles des opportunités de placement intéressantes ? Ces secteurs, en raison des technologies modernes dont elles font preuve ont la possibilité d’améliorer la productivité dans le domaine agricole et de réduire le gaspillage dans l’eau. Nous avons sélectionné une quinzaine d’entreprises au niveau mondial affichant un potentiel de progression dans le domaine de l’efficience énergétique et dans des activités liées à l’agriculture. Les perspectives de rendement pour le marché actions globale à 12 mois est modeste (4-5%). Avec des investissements thématiques ont pense faire mieux. Pour autant, déterminer avec précision quel sera le rendement dégagé dans le cadre d’un placement financier dans ces entreprises n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est la logique sous-jacente qui réside dans la potentialité d’exploiter des résultats surperformants. Quels domaines d’activité en particulier présentent selon vous un important potentiel de progression en termes de chiffre d’affaires ou de gains de productivité ? Parmi les segments qui ont attiré notre attention, nous retrouvons des segments traditionnels comme la construction notamment de bâtiments, avec des entreprises spécialisées par exemple dans l’air conditionné, dans l’isolation ; le transport, avec des entreprises qui sont sur des projets de véhicules plus respectueux de l’environnement ou plus économes sur le plan de la consommation en énergie. Ces entreprises ont déjà bénéficié des gains issus de leur avancée technologique. Vous misez sur une augmentation des prix. Quelles limites voyez-vous au pricing power ? Nous pouvons appréhender la question de l’augmentation des prix sous plusieurs aspects. D’une part, la pénurie de certains produits de base, a conduit par le jeu de l’offre et de la demande à des progressions significatives. En outre, les réglementations plus sévères de secteurs spécifiques comme le bâtiment, le transport constituent un facteur supplémentaire pour l’augmentation des coûts des entreprises et des prix en conséquence. Ces deux phénomènes incitent les entreprises soit à augmenter leur productivité dans la mesure du possible pour compenser les accroissements de coûts, soit à procéder à des augmentations de leurs prix de vente. La forte demande dont elles font l’objet les amène dans la plupart des cas à opter davantage pour la deuxième solution.
Quelle place donnez-vous à la spéculation dans votre analyse? Il est certain que dans chaque tendance de moyen/long terme il y a un risque de voir se former une bulle spéculative. Nous avons pu avoir, par le passé, de la spéculation dans le secteur des énergies renouvelables. Nous n’avons pas pris en compte ce secteur dans notre étude. Au demeurant, même s’il y a un peu de spéculation, cela ne changera pas la tendance de fond déterminée par une demande supérieure à l’offre. Y a-t-il parmi les secteurs d’activité que vous avez étudiés, des secteurs plus risqués que d’autres ? Le secteur de l’eau est relativement surévalué. Les entreprises exerçant leur activité dans les infrastructures, le traitement de l’eau nous semblent chères. Aussi, nous avons décidé de ne pas nous engager dans des investissements financiers dans ce secteur. Quels critères pourraient conduire à l’exclusion d’une société ? Plusieurs raisons peuvent nous amener à exclure une société de notre univers d’investissement. Ce sont des considérations fondamentales que l’on retrouve classiquement. Tout d’abord le niveau de valorisation eu égard au niveau des bénéfices. Nous évitons d’acheter une entreprise trop onéreuse. Ensuite, le caractère liquide du titre subordonne également notre choix. Enfin, le profil de risque lié à la valeur, la solidité du bilan de la société est également un facteur que nous prenons en compte. Nous nous efforçons au-delà d’atteindre un certain équilibre entre les zones géographiques et les domaines d’activité. Pourriez-vous nous donner des exemples d’entreprises que vous jugez attractives ou au contraire trop risquées ? Dans le segment de l’équipement énergétique, nous jugeons une société comme ABB comme étant correctement valorisée. En revanche, une entreprise comme Texas Instruments ne nous semble pas être un bon placement, en dépit du fait que l’entreprise présente un potentiel de croissance lié à l’amélioration de l’efficience des composants électroniques. Nous ne sommes pas convaincus de la pertinence de la stratégie de la société. Du point de vue de la liquidité, nous pouvons mentionner comme peu liquides des sociétés suisses comme Zehnder. La prudence est alors de rigueur car il est possible de se retrouver dans l’incapacité de revendre le titre au moment opportun. De quelle manière exploitez-vous cette thématique au sein d’UBS ? L’utilisation de cette thématique peut être multiple. En premier lieu, nous nous en servons pour éduquer les clients à penser différemment leurs investissements. Par ailleurs, dans le contexte actuel difficile des marchés financiers, cette thématique s’affiche comme une alternative efficace pour structurer un portefeuille relativement solide et sécurisé. On peut investir dans ces thématique avec des fonds spécialisés ou avec un portefeuille actions liée a ces tendances de long terme.
Quelle est l’importance de l’univers d’investissement correspondant à cette thématique ? L’univers d’investissement se compose d’environ 400-500 sociétés. Il n’existe pas d’indice de référence spécifique. La détermination des sociétés doit se faire suivant une analyse globale de plusieurs secteurs industriels. Propos recueillis par Imen Hazgui |