Alexis Cuirot
gérant de la cave Elzevir
«Le vin est un produit de culture»
(Easybourse.com) Pouvez-vous nous expliquer le mécanisme de fixation des prix des vins dans les caves ? Il faut distinguer les prix pratiqués dans les restaurants de ceux fixés par les cavistes. En restauration, le coefficient multiplicateur est compris entre 3,5 et 6 alors que dans les caves il est de l’ordre de 1,8 à 2,3. Un autre réseau de distribution du vin est la vente en ligne, qui fait fureur depuis quelques années. Les taux des marges y sont de 1,1 à 1,5, ce qui se rapproche des marges de la grande distribution. Quel est le profil des acheteurs de votre cave ? Il y a une certaine parité parmi les acheteurs : 50% de femmes et 50% d’hommes. Mais la part des femmes est en constante progression. En ce qui concerne les jeunes, leur consommation de vin dépend surtout de leur environnement familial et de leur niveau d’éducation. Dans les grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, il y a de plus en plus d’associations œnologiques. Le vin est un produit de culture. Enfin, les classes socialement les plus élevées sont les plus amatrices de cet or rouge. Quels sont les vins qui se vendent le mieux dans votre cave ? Les petits vins, entre 5 et 15 euros, ont plutôt la cote. Mais les grands crus Bordeaux issus du classement de 1855 se vendent également très bien. Les vins de stature de Mouton-Rothschild sont-ils touchés par la crise ? Non. Comment se portent les vins chiliens issus des accords entre la société Baron Philippe de Rothschild et Concha y Torro que vous commercialisez? Almaviva, un cru d’exception issu de l’association du pauillacais Mouton Rothschild et du numéro 1 du vin chilien, Concha y Toro, gagne en reconnaissance de ses pairs d’année en année. Le millésime 2003 s’est vu attribué la note de 95 par la revue américaine « The Wine Spectator » dans son édition de mai 2006. Robert Parker le considère d’ailleurs comme le meilleur Cabernet Sauvignon du Chili. Que pensez-vous de l’intérêt que porte les grands patrons et autres stars du show-business au secteur viticole ? En dehors des aspects de prestige qui en découlent, l’acquisition d’un fleuron du vin national tels que les grands crus classés, n’en demeure pas moins un placement de connaisseur. |