Amal Amar
co-fondateur et président du conseil de surveillance de SeLoger.com
«Notre taux de pénétration du marché national sera au minimum de 70% fin 2009»
(Easybourse.com) Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous introduire en bourse ? Les raisons de l’introduction en bourse sont les suivantes : répondre à un besoin de liquidité, attirer de nouveaux talents, motiver les employés et les managers et pouvoir procéder à des acquisitions. L’introduction en bourse de SeLoger se fera pour partie par augmentation de capital et pour partie par cession d’actions. Vous avez déclaré que cette manne financière servira à financer les projets de croissance externe et organique du groupe. Pouvez-vous nous en dire davantage ? Rien n’est définitif. Notre approche se veut souple et pragmatique. SeLoger examinera les opportunités stratégiques principalement sur la base des critères suivants : croissance du taux de pénétration, renforcement de l’offre de services et croissance de l’ARPC. L’IPO permettra ainsi d’envisager des paiements d’acquisitions en titres. SeLoger se concentrera sur des pépites de petites et moyennes tailles, l’avis du conseil de surveillance étant nécessaire pour les acquisitions de plus de 5 millions d’euros. L’objectif est de respecter un gearing inférieur à 3,5 fois l’Ebitda. Le 9 novembre dernier, SeLoger a acquis 63,20 % de Périclès pour un montant proche de 6 millions d'euros. Quelles sont les synergies attendues d’une telle opération ? D’importantes synergies sont dégagées, notamment en matière d’apport de nouveaux clients. Périclès dispose de 4 500 clients dont seulement 50% sont communs à ceux de notre groupe. De plus, Périclès a déjà atteint l’équilibre opérationnel et sa rentabilité devrait croître rapidement pour se situer au même niveau que celle des activités services et petites annonces et média. Vous avez déclaré qu’un taux de pénétration du marché national de 90% constitue un objectif réaliste. A quelle échéance pensez-vous pouvoir l’atteindre ? Notre objectif, en ligne avec nos performances, est d’atteindre un taux de pénétration supérieur à 35% fin 2006, de dépasser 45% fin 2007 pour atteindre au minimum 70% de taux de pénétration national fin 2009. En ce qui concerne la marge d’Ebitda, nous tablons sur un taux supérieur à 50% en 2009. Projetez-vous de pénétrer d’autres marchés ? Pas à court terme. L’activité est très soutenue dans notre cœur de business. Quelles sont vos perspectives en termes de chiffre d’affaires, d’Ebitda et d’endettement pour l’exercice 2006 ? Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du groupe s’élève à 16,766 millions d’euros et l’Ebitda à 7,389 millions d’euros. Concernant la dette, la renégociation des emprunts bancaires se fait à hauteur de 80 millions d’euros, l’augmentation de capital s’établit à 80 millions d’euros et le cash à 8 millions d’euros (après acquisition de Périclès basée sur une valeur d’entreprise de 6,3 millions d’euros). La dette nette estimée post IPO s’établit à 55,5 millions d’euros. Au 30 juin 2006, l’endettement s’élevait à 128 millions d'euros. Ce montant inclut notamment 63,5 millions d'eruos de prêts d’actionnaires financiers. Ces prêts d’actionnaires financiers sont des quasi fonds propres, ce qui donne un ratio dette bancaire / (fonds propres + quasi fonds propres) de 56%. Ceci correspond à un endettement standard. L’IPO permettra de faire évoluer l’endettement de la société grâce au remboursement du prêt d’actionnaires. Cette opération va ainsi immédiatement diviser par trois les frais financiers. Après l’IPO, la dette nette sera inférieure à 3,5 fois l’Ebitda, soit un montant très standard. Comment se porte le marché des petites-annonces immobilières sur Internet ? Le marché des petites-annonces immobilières sur Internet est porté par différents phénomènes. D’une part, le fort développement de l’Internet en France, et notamment du haut débit. La France est le second marché du haut débit en Europe, l’un des plus innovants (VoD, convergence fixe-mobile, triple play, etc.) et celui connaissant la croissance la plus rapide. Internet connaît un usage de plus en plus important, comparable à l’évolution enregistrée au Royaume-Uni. La province rattrape progressivement Paris et les grandes villes. Aujourd’hui, Internet est le moyen le plus utilisé par les Français pour trouver un logement et la pénétration galopante du haut débit contribue à une expérience consommateurs enrichie et différenciée (photos, visites virtuelles) augmentant les bénéfices d’Internet comparés à la presse papier. D’autre part, il s’agit d’un marché en migration adressable à court et moyen termes. Les petites annonces papier et en ligne représentent 1 000 euros par mois alors que le marché global de la petite annonce online et offline est estimé à 400 millions d’euros (les petites annonces en ligne comptant pour moins de 10%). Nous pensons que le passage des annonces papier vers Internet est une tendance lourde qui s’accélérera dans le temps. De plus, les agences immobilières font migrer à un rythme soutenu leurs dépenses sur Internet (croissance moyenne de 5,9% de 2005 à 2006, selon la source Bain). Enfin, le marché des petites-annonces immobilières sur Internet présente une structure de marché porteuse. Le marché français est fragmenté et basé sur des agents immobiliers individuels contre des réseaux au Royaume-Uni. Aujourd’hui, la taille du marché français, qui compte presque trois fois plus d’agences que le Royaume-Uni, représente une opportunité de croissance énorme. SeLoger a déjà réussi à acquérir une position de leader incontesté grâce à des efforts marketing très soutenus et durables. Le Bipe table sur une baisse des prix de l’immobilier de 4% l’année prochaine. Quelle est votre vision du marché ? Il est très difficile de faire des prévisions. Nous constatons actuellement une stabilisation des prix mais la demande sur les biens présentant peu de défauts et n’ayant pas subi de hausse significative durant les derniers mois est toujours forte. Le mot de la fin pour vos futurs actionnaires ? SeLoger offre au marché l’opportunité d’investir dans l’une des plus belles success story de l’Internet en Europe répondant à une problématique majeure de chaque individu : trouver un logement. Propos recueillis par C.P. |