André Choulika
co-fondateur et DG de Cellectis
«Nous envisageons de lever entre 14,6 et 19,4 millions d’euros»
(Easybourse.com) Pour quelles raisons avez-vous introduit Cellectis en bourse ? Aujourd’hui, nous sommes les premiers sur le marché de l’ingénierie des génomes, un des plus importants gisements de croissance des années à venir, ce qui nous donne une position très privilégiée. Notre choix de faire appel au marché Alternext d’Euronext a été motivé par le besoin de nous développer plus rapidement, c'est-à-dire de passer à un modèle économique industriel, de gagner en visibilité et d’asseoir notre crédibilité au plan international. En effet, aujourd’hui, nous avons une capacité de production de nos produits, des Systèmes de Recombinaison par méganucléase ou MRS (composé de deux éléments – des ciseaux moléculaires et d’une matrice ADN) de huit par an et notre objectif est d’atteindre un niveau de production annuelle de 20 MRS d’ici 2008. Ceci nécessite des investissements importants dans l’outil de production et les hommes. Nous comptons aussi bien sûr renforcer nos équipes commerciales. Nous avons déjà signé 45 accords internationaux avec des laboratoires pharmaceutiques, des groupes agronomiques et des sociétés de biotechnologie. De plus, nous publions les résultats de nos recherches dans des articles scientifiques et des revues internationales prestigieuses. Toutefois, notre stratégie est de monter en puissance car les applications potentielles de la technologie sont considérables, et prendre rapidement position sur un grand nombre de produits et d’application nous permettra de convertir notre technologie en standard de la programmation génétique. Quelles sont les modalités de l’introduction ? Nous allons émettre près de 1,79 million d’actions nouvelles dont la fourchette de prix est située entre 8,90 et 10,25 euros par action. Le produit net de l’opération sera d’environ 14,6 millions d’euros, porté à environ 19,4 millions d’euros en cas d’exercice intégral de la faculté d’extension et de l’option de sur allocation. L’offre à prix ouvert a commencé ce mardi 23 janvier pour se clore le 5 février à 17h, le placement global, qui a aussi commencé le mardi 23 janvier, s’achèvera le 6 février à 12h. Le prix de l’action sera fixé le 6 février, jour de la première cotation. Quel montant pensez-vous lever et comment seront utilisés ces fonds ? Nous envisageons de lever entre 14,6 et 19,4 millions d’euros, qui vont être des moyens supplémentaires pour financer nos opérations et soutenir notre stratégie de croissance et notamment :
accroître notre capacité de production actuelle afin d’atteindre une production annuelle de 20 MRS d’ici 2008
renforcer nos équipes de vente, marketing et communication
intensifier nos efforts de recherche et développement à la fois sur l’ingénierie des méganucléases et sur le processus de fabrication de MRS (Systèmes de Recombinaison par Méganucléases). Cellectis a rétrocédé 40% de ses revenus à l'Institut Pasteur sur la période 2000-2005. Ce pourcentage est-il susceptible d’évoluer dans les années à venir ? Ce pourcentage est susceptible d’évoluer. Nous sommes passés d’un modèle de commercialisation de technologie, c’est à dire que nous avons généré des revenus depuis notre création en vendant des sous-licences des brevets et demandes de brevets de l’Institut Pasteur avec une faible valeur ajoutée, à un modèle de commercialisation de produits à forte valeur ajoutée depuis 2006. C’est à cette date que nous avons commencé à mettre l’accent sur la vente de nos produits (MRS), qui font principalement appel à la technologie que nous avons mise au point et protégée et, dans ce cas de figure, nous ne rétrocéderons plus que 3% des revenus à l’Institut Pasteur. Vos revenus proviennent de la vente de sous-licences de brevets et demandes de brevets de l'Institut Pasteur. Quel est le profil de vos principaux clients ? Nos clients sont des laboratoires pharmaceutiques (AstraZeneca, Merck & Co., Wyeth, Shire, etc.), des groupes agronomiques (Bayer, DuPont, BASF, etc.) et des sociétés de biotechnologie (Genentech, Regeneron, Lexicon Genetics, etc.). Quel est le budget consacré à la R&D ? Les dépenses de R&D représentent entre 3,5 et 4 millions d’euros. Avez-vous des prévisions de chiffre d’affaires et de marge opérationnelle pour 2007 ? A ce stade, nous ne pouvons pas encore faire de prévisions. En revanche, ce que je peux vous dire, c’est que notre modèle économique génère des revenus qui vont aller en grandissant sur le court, moyen et long termes, avec une véritable répartition des risques. Avec le même métier, nous nous positionnons sur trois secteurs différents (la santé humaine, l’agronomie et la bioproduction), secteurs qui ne sont pas soumis aux mêmes paramètres. Envisagez-vous d’augmenter les effectifs du groupe ? Bien entendu. Nous envisageons de recruter des personnes, notamment en R&D et production afin d’pour accélérer la production de MRS, ainsi que pour la commercialisation de nos MRS. Propos recueillis par C.P. |