Alexandre Sidommo
PDG de DoubleTrade
«La seule réalité dans notre métier, c’est que la concurrence est à 3 centimètres de clic de souris !»
(Easybourse.com) Ancienne start-up, comment avez-vous survécu à l’explosion de la bulle internet en 2000 ? L’explosion de la bulle internet a eu un effet retardateur sur le démarrage de notre modèle économique. Il y avait une énorme défiance des acteurs économiques face à la Net économie. Les start-up tant adulées la veille ont été subitement décriées. En 2000, nous avions tout misé sur la communication et l’internet pour faire démarrer la croissance du CA. L’explosion de la bulle nous a forcés à tout remettre à plat et à revoir nos ambitions et notre stratégie de « pur player ». En bons gestionnaires, nous avons dans un premier temps resserré les boulons et réduit certains coûts (communication, publicité, etc) sans pour autant arrêter nos efforts en R&D. Et nous avons fait un pari fou à l’époque : créer une force commerciale dédiée à la vente de services aux entreprises sur internet. Le pari a été payant puisque l’entreprise est passée d’un CA de 800 K€ en 2003 à un CA de 5,5 M€ en 2006. Vous êtes spécialiste de la gestion d’appel d’offres sur Internet. Qu’est-ce qui différencie votre travail de celui d’un gestionnaire traditionnel ? Ce qui nous différencie d’un acteur traditionnel, c’est notre forte productivité. Nous sommes un agrégateur de contenu hétérogène (600 000 appels d’offres dans 80 secteurs d’activités) et un outil de gestion de ce contenu, ce qui représente deux fonctions en une. Un acteur traditionnel vous impose des canaux de livraison de contenu historiquement datés (fax, email) et un logiciel propriétaire qui se comporte en « boite noire ». Dans leur système, l’information n’a pas de relief et elle n’est pas partagée par les autres acteurs de l’entreprise. Ce n’est pas le cas chez DoubleTrade : une entreprise n’a pas de logiciel à installer dans son système d’information, un browser web suffit. Par ailleurs, plusieurs acteurs peuvent mutualiser l’information et mettre en œuvre des reporting pointus avec leur hiérarchie. Vous avez réalisé un chiffre d'affaires de 5,5 millions d'euros en 2006, quels ont été les moteurs de votre croissance ? Nous composons avec deux moteurs de croissance, l’un endogène et l’autre exogène. Notre moteur endogène principal est l’amélioration constante de notre produit et des contenus. Notre force commerciale fait le reste. Notre moteur exogène est la croissance du taux d’équipement des entreprises en outils de veille économique comme les nôtres. Les managers ont réellement pris conscience que la bonne information a un prix et qu’en ces périodes d’hyper-compétitivité la gestion de l’information est un poste qui ne faut pas confier à n’importe qui. Quelle est votre vision du management et de la croissance des entreprises issues du secteur Internet ? Question difficile. Donner des leçons est bien présomptueux. La seule réalité dans notre métier c’est que la concurrence est à 3 centimètres de clic de souris ! Seule la qualité et l’innovation du service font que vous pouvez durer. Il faut donc avoir des équipes très motivées qui donnent le meilleur d’elles-mêmes. Car la création de valeur dans l’internet repose essentiellement sur les hommes ! Sur le plan stratégique, quels sont vos axes prioritaires pour 2007 ? Ce sont les mêmes qu’en 2006 et en 2008, à savoir satisfaire nos clients avec une qualité en hausse, produire de nouveaux contenus (projets privés, international, etc..) et de nouvelles fonctionnalités de gestion du contenu.
Propos recueillis par M.L.H. |