Alan MacKay
Responsable du secteur santé de 3i
«Nous avons une nette préférence pour le marché européen dans le domaine de la santé»
(Easybourse.com) Etes-vous satisfait des résultats 2006 de 3i Healthcare ? En termes financiers, il s’agit de l’une de nos meilleures années. Nous avons investi 300 millions dans le secteur de la santé. Une part de ces résultats est à imputer à la stabilité du monde économique. Mais le modèle économique que nous proposons y est également pour beaucoup. Ce modèle, en quoi consiste-t-il exactement ? Nous tirons tout d’abord parti de la présence de 3i dans de nombreux secteurs différents. Lorsque nous investissons dans le domaine de la santé, mais également dans celui dans celui des médias, par exemple, ou encore celui des transports, nous appliquons les mêmes points de référence. Nous nous demandons s’il s’agit du meilleur modèle existant. Il en va de même pour notre présence dans toutes les régions du globe : nous comparons entre eux les modèles des sociétés dans lesquelles nous souhaitons investir, d’un pays à l’autre. De plus, nos forts réseaux locaux, alliés à une stratégie globale, nous permettent d’être présents et crédibles partout. Par exemple, notre équipe ne s’adresse pas à nos partenaires invariablement en anglais, mais dans la langue de leur pays. Quels sont vos projets pour l’année 2007 ? Nous prévoyons d’investir 500 millions d’euros dans une quinzaine ou une vingtaine d’entreprises dans le secteur de la santé. Nous avons une nette préférence pour l’Europe dans ce domaine : le marché américain est trop mature, et le marché asiatique présente peu d’opportunités, à cause de son faible développement. Comment le marché asiatique se développera-t-il à l’avenir selon vous ? L’Asie présente un marché gigantesque en matière de santé. Aujourd’hui, il constitue moins de 20% de l’économie globale. Les entreprises qui proposent des services de santé n’ont donc pas beaucoup d’opportunités de marchés en Asie aujourd’hui. Cela va cependant changer, et je pense que d’ici dix ans, les économies asiatiques majeures (la Chine, l’Indonésie, l’Inde, etc.) chercheront des modèles de fournisseurs de soins européens pour le secteur de la santé publique, qui est relativement réduit, ainsi que pour la branche privée, qui est relativement étendue, et qui se développe rapidement. Nous pensons que 3i a acquis l’expérience de modèles qui pourront fonctionner dans des zones majeures d’Asie au-delà de 2010. Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement sur le plan du marché français ? Nous n’attendons pas de réel changement du marché. Un gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche n’a qu’un impact minime sur la santé publique, tant ce secteur reste stable quelque soit le contexte sociopolitique. Il s’agit d’infrastructures gigantesques, et infiniment complexes : tout changement prend des années et des années. On peut prendre l’exemple de la Suède, qui est passée d’un gouvernement de gauche à un gouvernement de droite : tout le monde s’attendait à une vague de libéralisation, et ça n’a pas été le cas dans le domaine de la santé. L’inverse est aussi vrai : en Espagne, le passage du gouvernement de M. Aznar à celui de M. Zapatero n’a pas eu d’effet sur ce secteur. Dans quel type d’entreprises 3i Healthcare investit-il actuellement ? En France, Carso [le leader national des analyses biologiques et physicochimiques pour l’environnement, l’agroalimentaire et l’hygiène industrielle, ndlr] est très compétitif : ce groupe est particulièrement performant en matière de tests et de diagnostics. Vetiquinol, une entreprise de soins vétérinaires, est également une société française en pleine expansion. Sur le plan européen, nous avons de nombreux investissements, comme le groupe suédois Carema, qui propose un modèle séduisant. Il s’agit selon nous du meilleur modèle pour les soins de santé intégrés. Il pourrait facilement être importé en France. Vous dites souvent que vous apportez plus que des fonds aux entreprises. Quelle est la valeur ajoutée de 3i ? Nous pouvons tout d’abord aider les entreprises à se développer par acquisitions, comme par exemple l’entreprise portugaise Sampletest, qui propose des diagnostics cliniques. Nous l’avons aidée à réaliser dix acquisitions, et elle est désormais la plus importante en Espagne et au Portugal, et se développe aujourd’hui en Italie. Nous pouvons également aider les entreprises à communiquer leurs produits et leurs services. Propos recueillis par An. P. |