Andrews Wells
directeur de la gestion des produits de taux chez Fidelity International en Asie
«Les obligations asiatiques à haut rendement affichent des performances stables, supérieures à celles des Etats-Unis de et de l’Europe, associées à une faible volatilité»
(Easybourse.com) Comment vous est venue l’idée de lancer ce fonds spécialisé sur les obligations à haut rendement asiatiques ? Quelle est l’importance de ce secteur à l’heure actuelle ? C’est une idée que nous avions eu il y a quelques années lorsque nous étions en train de bâtir notre expertise obligataire en Asie. Fidelity est un des acteurs majeurs sur les marchés des obligations à haut rendement à la fois aux Etats-Unis et en Europe et il était logique d’étendre ce savoir-faire à l’Asie. Le marché continuant à se développer avec plus de 10 milliards de dollars américains d’émissions ces trois dernières années, il offre désormais une profondeur suffisante à un fonds pour obtenir un niveau approprié de diversification. Avec le resserrement récent des spreads de crédit, et particulièrement pour les sociétés «investment grade», les obligations à haut rendement asiatiques sont devenues de plus en plus importantes pour les investisseurs en tant que source alternative de rendements et performances supérieurs. Les obligations à haut rendement asiatiques sont également un moyen attractif de bénéficier de la poursuite de la croissance des économies et des entreprises asiatiques. Les particularités inhérentes à cette classe d’actif la rendent attractive pour des portefeuilles diversifiés du fait de la faible corrélation avec des classes d’actifs plus classiques comme les obligations et les actions. Parmi les principales caractéristiques de cette classe d’actifs, il y a la performance et la volatilité. Devrait-elle selon vous offrir de meilleures performances que celles d’Europe ou des Etats-Unis et présenter une volatilité plus faible ? Comment l’expliquez-vous ? Ces cinq dernières années, les obligations à haut rendement asiatiques ont affiché des performances stables, supérieures à celles des Etats-Unis et de l’Europe, associées à une faible volatilité. Depuis la crise financière asiatique de 1997/1998, la performance de cette classe d’actifs a été forte du fait du rebond des entreprises et des économies de la région qui affichent des rythmes de croissance à un ou deux chiffres. Alors qu’aux Etats-Unis et en Europe, les obligations à haut rendement sont souvent émises dans un contexte de restructuration des entreprises, en Asie, les obligations à haut rendement servent généralement à financer de nouveaux projets et à soutenir la croissance. Cette spécificité des obligations à haut rendement asiatiques les rend plus attractives au regard des perspectives risques / rendements. Vous parlez notamment dans votre communiqué d’une « prime asiatique » rendue possible grâce à l’anomalie du marché. Qu’est ce que cette prime, quelle est son importance et comment expliquez-vous son apparition ? Le concept de prime asiatique signifie que les obligations à haut rendement asiatiques se traitent sur le marché à un niveau de spread de crédit plus élevé comparé aux obligations à haut rendement américaines et européennes de qualité de crédit similaire. Autrement dit, les investisseurs sont rémunérés approximativement 60 points de base de plus pour la détention d’obligations à haut rendement asiatiques. L’existence de cette prime s’explique par le caractère récent et moins développé de ce marché comparé à ceux des Etats-Unis et de l’Europe. Les investisseurs globaux ont jusqu’à présent demandé une prime pour investir dans les entreprises asiatiques comme ils le font pour investir dans les marchés émergents. Cependant, ces derniers commencent à réaliser qu’il n’y a pas de raison véritable pour maintenir l’existence de cette prime puisque les économies et les entreprises asiatiques continuent à bien performer. Alors que les investisseurs achètent de plus en plus d’obligations à haut rendement asiatiques, cette prime de risque sera amenée à disparaître dans les prochaines années, une fois que le spread de crédit pour les obligations à haut rendement asiatiques convergera avec celui des obligations américaines et européennes. L’univers des sociétés « investment grade » (dont les obligations sont de bonne qualité) a déjà connu le même phénomène. Le Japon ne fait pas partie de la zone d’investissement. Pourquoi ? Ceci s’explique par le très faible niveau des émissions sur le marché japonais des obligations à haut rendement. Traditionnellement, les entreprises japonaises n’ont pas utilisé le marché du haut rendement comme une source de financement. Si cela venait à changer à l’avenir, notre fonds pourrait intégrer des obligations japonaises. Les sociétés appréhendées dans le portefeuille ont la particularité d’avoir la notation BB+ et inférieur. Pour quelle raison ? Vous envisagez de prendre en considération la notation de quel organisme ? Généralement, nous regardons les notations de Standard & Poors et de Moodys. Les obligations à haut rendement sont par définition celles notées en dessous de BB+. Les obligations notées BBB- et au-dessus sont par définition des obligations de qualité (« investment grade »). Quels sont les risques de cet investissement ? Quelle est leur importance ? De quelle manière envisagez-vous de minimiser ces risques précisément ? Le risque majeur est le risque crédit. Il s’agit du risque que l’émetteur fasse défaut et ne soit pas capable de rembourser son emprunt. On minimise le risque en s’assurant que le fonds n’est pas excessivement exposé à quelques entreprises ou secteurs et en favorisant la diversification. Le gérant a aussi la possibilité de réduire le risque en investissant une petite portion de son portefeuille dans des obligations de meilleure qualité. A quel type d’investisseurs ce fond s’adresse t-il ? Le fonds est destiné aux investisseurs qui souhaitent à la fois maximiser le rendement de leurs placements et son appréciation potentielle en capital. Le fonds est un moyen alternatif de s’assurer des performances attractives sur les marchés asiatiques, mais avec un plus faible niveau de volatilité que les actions. Le fonds peut également intéresser des investisseurs qui disposent d’un portefeuille diversifié et qui souhaitent tirer avantage de la faible corrélation des hauts rendements asiatiques avec les classes d’actifs plus traditionnels. Propos recueillis par I.H. |