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Interview
 

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Pascal Pessiot

président de la Société française de casinos

««Le marché du jeu de casino en ligne représenterait entre 5 et 10 milliards d'euros»»


(Easybourse.com) Quelques commentaires sur vos résultats ? 
Nos résultats sont très nettement en hausse. La société a enregistré un chiffre d’affaires de 12,9 M € sur les neufs premiers mois de l’exercice 2006/2007, contre 11,4 M€ sur la même période de l’exercice précédent, soit une croissance de 10,5%.

La fréquentation a progressé de 10 % à périmètre comparable.

Elle s’explique par la communication que nous avons mis en place pour faire connaître nos établissements et par une évolution importante des parcs à machines à sous.

La nouvelle obligation du contrôle aux entrées a été appliquée sans grande difficulté. Nous n’étions pas défavorables à ce contrôle dès le départ, notamment parce qu’il existe dans la plupart des pays développés, en Angleterre par exemple où un délai de réflexion d'au moins 24h est exigé.

En France, le contrôle est  moins contraignant. Il concerne les mineurs et les personnes interdites de jeux.

Nous avons mis en place un contrôle en amont par la délivrance de cartes VIP aux clients fidèles. C’est pourquoi, nous n’avons pas eu de perte de chiffre d’affaires jusqu’à cet été.

Vous mettez en avant les opportunités liées aux nouvelles réglementations pour le développement de vos activités. A quelles réglementations et à quelles opportunités faites-vous allusion ?  
Il faut distinguer deux types de réglementation. La première réglementation, pratiquement en vigueur, a visé à apporter certains assouplissements dans la réglementation des casinos actuels. Par exemple, il est désormais possible de réunir dans la même salle des jeux traditionnels et des machines à sous et de mettre des billets dans les machines à sous.

Par ailleurs, une autre réglementation concerne les casinos virtuels. Nous travaillons dessus depuis des années. Nous sommes prêts à exploiter un casino sur Internet si demain une autorisation nous était délivrée.

En l’espace de trois semaines, nous pourrions mettre en place un système fiable assurant un contrôle des identités et un contrôle du blanchiment de capitaux.

Les autorisations ministérielles sont attendues pour la fin de l’année 2008 et peut-être avant si les instances européennes mettent la pression sur la France.

La situation dans laquelle nous exerçons nos activités est actuellement intolérable. Les professionnels qui sont prêts à travailler sérieusement - en assurant une protection des joueurs et en payant des taxes - sont piratés par des étrangers qui ne paient aucun impôt (ni charges d’exploitation pour l’organisation des courses de chevaux) et sur lesquels aucun contrôle n’est exercé.

Quel est le manque à gagner dû à une telle situation ?
Raisonnablement, je pense que si nous considérons les enjeux dans les casinos en dur qui représentent 10 milliards d’euros environ en Europe, je suis persuadé que les jeux de casino en ligne représenteront 50 à 100% de cette somme. Ce qui signifie des pertes entre 5 à 10 milliards d’euros.

Pour les État et les professionnels des sports objets des paris,  mêmes avec des prélèvements plus raisonnables que ceux sur les casinos en dur français, cela représente une perte sèche de 2,5 milliards à 5 milliards d’euros. C’est énorme !

La possibilité de mettre en ligne des casinos vous permettrait-elle d’atteindre des clients étrangers ?
C’est le principe même d’Internet où le marché est mondial. De la même façon qu’on ne peut pas aujourd’hui empêcher les sites étrangers d’opérer sur notre territoire, demain lorsque la France l’aura autorisé sur son territoire les opérateurs français s’ouvriront d’abord à l’Europe puis au monde entier (Chine, Inde, Etats-Unis...).

La France est un pays traditionnel de jeu. Nous avons un véritable savoir-faire que n’ont pas d’autres opérateurs. Je pense qu’il serait tout à fait envisageable de pénétrer ces grands marchés.

Avez-vous réalisé des études dans le but d’estimer le potentiel de ce marché du casino en ligne ?
Nous avons en effet effectué des études mais une évaluation sérieuse et pertinente est très difficile.

Nos analyses ont été réalisées par référence à de grands acteurs. Nous nous sommes appuyés sur la publication de leurs parts de marché. Mais au final, il est difficile de dire avec précision combien représentent les cibles ou les gains réalisés dans ce segment.

Cependant, je suis persuadé qu’un site français peut et doit faire au moins 6 million de PBJ (produit brut des jeux, ndlr)  la première année de mise en ligne (soit 500 000 euros par mois , moins que les 2/3 des casinos français), plus de 30 millions après 2 ans et sûrement plus de 100 millions avant 5 ans. 

Qu’en est-il du contrôle sur Internet ?
Nous avons beaucoup réfléchi à la question. Nous en avons conclu qu’il était tout à fait possible de sécuriser les opérations et de déterminer clairement qui était en ligne par les codes IP des ordinateurs, la remise des pièces d’identité, la délivrance des codes de cartes de crédit.

Avec ces codes, il nous sera possible de connaître le profil de la personne en face, son âge, son pays d’origine, ses revenus. Il sera alors possible de repérer les mineurs, et les interdits de jeu qui sont  listés.

De plus, pour la traçabilité des transactions et la protection des joueurs addictés, tous les retraits sur les cartes de paiement ou de crédit seront des «quasi cash» assimilés à des retraits en espèce dans les distributeurs de billets. Autrement dit, il ne sera possible à l’opérateur que de retirer l’équivalent du cash disponible sur son compte en banque.

Par rapport au blanchiment d’argent, nous refuserons de créditer un autre compte que celui dont sera débité l’argent , il est aussi possible de recréditer la carte bancaire qui a servi au enjeux

La Société française de casinos a obtenu l’autorisation d’exploiter le Hold’em Poker dans ses casinos de Gruissan et Châtel Guyon. Pouvez-vous nous en parler ?
Le tournoi à Gruissan aura lieu dans environ 15 jours. Nous avons sollicité les joueurs potentiels. Nous avons enregistré des inscriptions avec des mises minimales de 100 €. Nous avons alors confondu le montant de l’inscription avec le montant de la mise.
Nous espérons réunir pendant ces deux jours de tournoi près de 250 personnes. Quelques jours après l’annonce de ce tournois, nous avons enregistré 120 à 130 joueurs.

Qu’en est-il de la rentabilité de l’opération ?
La rentabilité directe est quasiment nulle. Nous ne cherchons pas à gagner de l’argent avec ce tournoi mais davantage à  augmenter le trafic. C’est en quelque sorte une opération de marketing.

Quels sont vos objectifs de résultats pour la fin de l’année et pour 2008 ?
Pour 2007 nous avons  tablé sur  une croissance de 7% de chiffre d’affaires annuel ( nous sommes en avance ), un résultat opérationnel positif ainsi qu’une  réduction sensible des pertes (l'activité la Tête dans les Nuages a toujours été déficitaire jusqu'alors).
Pour l’année 2008, nous comptons sur le développement d’autres projets comme l’extension de nos casinos en dur. Nous envisageons le rachat d’un casino très prochainement.

Un dernier mot pour vos actionnaires ?
Après cette année de transition nous allons pouvoir nous consacrer à nos exploitations.

Par ailleurs, je crois beaucoup à Internet. L’enjeu sera une croissance importante de l’activité. Les casinos en dur existeront toujours, mais peut-être seront-t-il plus spécialisés (plus de tables et de tournois, plus de spectacles de restauration…).

Internet offre une souplesse notamment dans le budget des joueurs (il n’ont pas les frais de transport et peuvent s’offrir une petite récréation avec 3, 5 ou 10 euros). Un petit spot de plaisirs au milieu de la journée!

Internet sera ce que la télévision est au cinéma. Il apportera le jeu à la maison, mais aller au casino constituera toujours, comme d’aller au cinéma, une sortie complète autrement plus satisfaisante.
Il nous appartiendra alors de contrôler les dérives de ce nouveau mode de consommation du jeu, ce qui est possible et ce que nous voulons faire afin de pérenniser cette activité.

Internet va ouvrir une nouvelle ère pour les casinos français, un peu comme l’arrivée des  machines à sous au début des années 90, mais en 10 fois plus grand.

Propos recueillis par Imen Hazgui
Publié le 02 Novembre 2007 Copyright © 2008  Retour à l'accueil
 
Son parcours

Pascal Pessiot est président du conseil d’administration de la Société française de casinos depuis le 29 juin 2006.

Après une carrière dans l’immobilier et les casinos, il crée Société française de casinos en 1995, dont une partie du capital sera rachetée par le groupe Partouche en 1999.

Après plusieurs années de collaboration avec le groupe Partouche, pendant lesquelles Pascal Pessiot a notamment été directeur général de Européenne de casinos, celui-ci a cédé, le 26 avril 2006, sa participation dans SFC à la nouvelle Société française de casinos.

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A propos de la Société française de casinos
La Société française de casinos (anciennement La Tête dans les Nuages) se positionne comme un acteur de référence du jeu en France s’appuyant sur deux pôles d’activité :

- Casinos : trois établissements localisés à Gruissan (Aude), intégrant un hôtel, Chatel-Guyon (Puy de Dôme), où est également exploitée une station thermale, et Port-la-Nouvelle (Aude).

- Jeux virtuels : SFC poursuit l’exploitation de l’enseigne la Tête dans les Nuages et développe des partenariats portant sur l’implantation d’espaces de jeux avec des groupes tels que la Compagnie des Alpes (Parc Astérix, La Mer de Sable, Parc de Bagatelle…) et Pierre & Vacances.
 
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