Coupe du monde
Qui veut gagner des millions ?
Avec le début de la Coupe du monde de foot en Allemagne, ce sont, non seulement, les équipes de foot qui s’affrontent mais également et surtout les chaînes de télé, non à coups de pieds et de tacles mais de millions d’euros.
Si TF1 et France Télévision ne donnaient que peu de chance à l'équipe de France de l'emporter en 1998, achetant en commun les droits de diffusion pour un montant de 15,4 millions d'euros, cette première n'hésite maintenant plus à signer de faramineux chèques pour s'octroyer les droits de retransmission. Ainsi, entre 1998 et 2002, les droits télé ont connu une ascension fulgurante de l'ordre de 880%. Mais suite à la déconfiture des Bleus en Corée, le montant des droits a légèrement fléchi, TF1 n'investissant ' plus ' que 100 millions d'euros pour la World Cup 2006. Et la chaine semble plus qu'optimiste sur les performances des Tricolores pour les Mondiaux de 2010 et 2014, investissant respectivement 120 et 130 millions d'euros.
A titre de comparaison, la petite chaîne qui monte, M6, a payé 27 millions d'euros en vue de retransmettre trente et une rencontres, dont deux quarts de finale, les demies-finales et la finale restant l'apanage de TF1 qui n'aura pas grand mal à rentrer dans ses frais compte tenu des tarifs publicitaires pratiqués que le groupe a rendu public en février dernier. Il en coûtera ainsi 250 000 euros les trente secondes à la mi-temps si la France parvient à se qualifier pour la finale et, tout de même, 160 000 euros si les Bleus sont disqualifiés avant. Football Wars Mais cette guerre des médias ne frappe pas que la France. L'engouement pour le foot est planétaire et contamine même des pays n'ayant jamais gagné la World Cup. Ainsi en Espagne, la Sexta, chaîne lancée le 27 mars dernier par les producteurs catalans Mediapro-Globomedia et le mexicain Televisa, a signé un chèque de 90 millions d'euros à l'ordre de Telefónica, détenteur des droits pour l'exclusivité nationale du Mondial, pour pouvoir retransmettre les matches de la Furia Roja. Même constat en Italie, triple championne du monde, où pour la première fois depuis le début de l'histoire de la coupe du monde de Foot, la Rai, première chaîne publique du pays, ne diffusera pas l'intégralité des matches de la Squadra Azzurra. Comme le souligne un journaliste d' ' Italy Global Nation ', portail d'informations, ' il s'agit d'un autre mondial. C'est un championnat qui se joue dans l'éther à coups d'audience et de millions de dollars '. Chez nos voisins transalpins c'est le magnat de la finance, l'australien Rupert Murdoch, patron de la Sky, chaîne câblée italienne, qui a acquis l'intégralité des droits de diffusion ainsi que ceux de certains matches du prochain mondial pour la modique somme de 165,4 millions d'euros. Somme vite amortie, les Tifosi devant s'abonner au câble pour suivre les parties de leur équipe nationale. Les footeux ne sont, en effet, pas très gâtés cette année, et tout particulièrement les spectateurs arabes. En effet, l' ' Arab Radio and Television ' (ART), société saoudienne de télévision qui s'est octroyée les droits de transmission du Mondial pour un million de dollars, à destination des pays arabes, diffusera les parties sur sa chaîne cryptée, accessible uniquement par toute personne détentrice d'un décodeur. Résultats, les amateurs marocains de foot devront débourser 1 200 dirhams, soit 108 euros, pour obtenir ce précieux sésame, la carte ART. Ceux refusant de payer cette somme devront se contenter d'un résumé de vingt petites minutes que les chaines nationales ne sont pas autorisées à archiver, l'ART imposant la destruction des images dans un délai de vingt-quatre heures. Dans cette compétition à deux vitesses, le grand gagnant demeure la Fédération Internationale de Football Association (Fifa) qui a affiché un résultat net positif de 214 millions de francs suisses, soit près de 137 millions d'euros l'an dernier et un total des droits de diffusion télé Coupe du monde 2006 de 423 millions de francs suisses, soit près de 271 millions d'euros. Ceci sans compter qu'à partir du Mondial 2010, la commercialisation des droits de diffusion ne sera plus déléguée à la société suisse Infront. La Fifa en détiendra ' le monopole ', d'où des recettes encore plus importantes pour la multinationale. |