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Coupe du monde
Le foot ? So fric !
Du 9 juin au 9 juillet 2006 se déroule la compétition sportive la plus suivie au monde, et avec elle son flot de retombées économiques, réelles ou supposées : augmentation du PIB, accroissement des ventes pour un sponsor, inflation de la diffusion des droits télé, etc.
Vivre de foot et d’eau fraîche. « Certaines études estiment que plus de 80% de la population mondiale va regarder les matchs à la télé, que la productivité va chuter et que le football va devenir, pour un instant, le symbole d’un monde unifié », écrit Joschka Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères allemand, dans la préface de « La Coupe du monde et l’Economie », une étude de la Goldman Sachs datant de mai 2006.
« Des sociétés partenaires financiers de la Coupe du monde, comme Adidas, ont déjà autorisé leurs salariés à regarder les matches sur leur lieu de travail », rapporte le « Berliner Zeitung ». Dans l’Hexagone, selon un sondage GMI, 6,1% des salariés français n’hésiteront pas à suivre la compétition depuis leur travail. En Croatie, 15% d’entre eux avouent prévoir de prétexter une maladie pour rester regarder les matches à la maison. Côté anglais, la statistique se monte à plus de six sur dix, dans les PME, selon un sondage Begbies Traynor.
Autant d’initiatives qui risquent de coûter cher aux économies des pays. D’autant que, absentéisme exclu, la Coupe du monde de football devrait coûter aux entreprises anglaises, au minimum, 84 livres sterling (122,4 euros) par salarié (suivi des scores sur Internet, télévision au bureau, etc.). Tout compris, le cabinet de conseil Grant Thornton, évalue à 1,26 milliards de livres (1,85 milliards d’euros) la perte potentielle pour les entreprises anglaises. Alors, à la question de la Goldman Sachs « football et économie sont-ils réellement liés ? », la réponse la plus évidente semblerait être « oui »… Si tant est que les analystes n’aient pas trouvé de « corrélation négative » entre richesse d’un pays (PNB/tête) et performances footballistiques. En témoigne le peu de succès des équipes américaine, japonaise et canadienne, du moins jusqu’à récemment. Et Andreas Höfert, analyste chez UBS Wealth Management Research, d’ajouter « qu’il serait difficile d’identifier un dénominateur socio-économique commun entre le Brésil, l’Allemagne et l’Italie ».
L’Allemagne perd un match amical, le marché chute de 1,42%
Toutefois, UBS n’hésite pas à soutenir que la Coupe du monde de foot a un impact économique visible et identifiable, et prend en exemple l’Allemagne. Sur la base d’une simulation, les analystes d’UBS ont démontré que le PIB allemand pourrait augmenter de 1,8 milliard d’euros en 2006 rien que sous l’effet de la « World Cup », avec un impact global de 6,8 milliards d’euros entre 2002 et 2010. Plus optimistes, les analystes de la Postbank, l’un des principaux sponsors de l’évènement, tablent, quant à eux, sur un bond de 0,5% PIB, soit un surcroît total de 10 milliards d’euros. De son côté, la Deutsche Bank estime que la Coupe du monde devrait attirer un million de visiteurs et que les dépenses de consommation sur le sol allemand devraient s’accroîtrent de 5 milliards d’euros. Outre Manche, l’économie britannique devrait également voir sa consommation bondir, tirée vers le haut par les ventes d’alcool, de nourriture et de téléviseurs. Pures conjectures, rétorqueront certains économistes.
Pour autant, un récent rapport de l'Institut allemand de recherche économique (DIW) est venu relativiser l'impact économique de la compétition sur le pays organisateur. Selon lui, il n’y aura pas d'effets directs sur la conjoncture allemande. Certes, les ventes d'appareils de télévision et d'articles de sport devraient encore augmenter, mais il ne faut pas compter sur une hausse générale de la consommation, estime le DIW. De même ne faut-il pas surestimer l'importance du tourisme étranger durant la compétition. Pour preuve, les hôtels berlinois s'inquiètent car nombre de leurs chambres sont encore disponibles pour cet été. L’explication ? Le Mondial a fait fuir les touristes qui seraient venus, en temps ordinaires, visiter le pays. Quant aux effets du foot sur les marchés financiers ? Selon UBS, depuis 1974, dans onze hypothèses sur quatorze, les marchés des pays hôtes de la Coupe du monde auraient surperformé le marché global sur la période avril-août suivant le tournoi. Des résultats qui sont, toutefois, à nuancer explique Klaus W. Wellershoff. Selon l’analyste de la banque suisse, les « défaites ont un effet négatif sur les marchés alors que les victoires ne font aucune différence ». Ainsi, le marché allemand a-t-il chuté de 1,42% après la défaite de la « Nationalmannshaft » lors d’un match amical contre l’Italie en mars dernier et progressé de 0,25% après sa victoire sur l’équipe américaine, quatre semaines plus tard. Un petit sursaut boursier à imputer aux bonus versés, qui se sont transformés, pour l’occasion en placements financiers ?
En cas de victoire de la Coupe du monde, les vingt-trois sélectionnés allemands se verront octroyer une somme de 300 000 euros chacun. Soit moins que les Espagnols (540 000 euros), mais plus que les Français (en 1998, certains joueurs français avaient touchés jusqu’à 244 000 euros). De l’argent de poche, pour des footballeurs qui comme Ronaldhino, Zidane, Beckham et Henry font déjà les beaux jours des publicitaires, et qui, en retour, se font grassement rémunérer (les revenus publicitaires permettent, pour certaines stars du ballon rond, de multiplier par trois leur salaire).
Outre les sponsors officiels du Mondial (Adidas, Deutsche Telekom, McDonald’s, Toshiba, Yahoo, etc.), les enseignes marraines des équipes nationales (Adidas, Canal +, Carrefour et Crédit Agricole pour les Bleus), les partenaires (Coca-Cola, RTL, Ferrero, SFR et Toyota verseraient à eux tous entre 1 et 1,3 millions d’euros à la FFF en échange de leur apparition dans l’environnement des joueurs français), les fournisseurs (Air France, PlayStation, Sport 2000, Continental et le Stade de France, côté français) qui utilisent les sélectionnés pour leur communication, ou encore les « sponsors non officiels » à l’instar de Pepsi (la marque s’est offert une « dream team », onze joueurs vedettes qu’elle sponsorise pour un coût de 20 millions d’euros), toutes les grandes marques se disputent les meilleurs de la discipline pour doper leurs ventes. Zidane pour Danone et Orange, Beckham pour Gillette ou Police, Ronaldinho pour Lenovo (ex-IBM) ou associé au gardien français Grégory Coupet dans une pub du groupe Casino, ou encore Ronaldo pour Audi et del Piero pour Suzuki.
Quand même la parole devient d’or…
Le droit à l’image est devenu une machine bien huilée. Voir un footballeur vanter, par exemple, les bienfaits d’une eau minérale n’a plus rien d’extraordinaire. Par contre, ce qui l’est plus, c’est de voir le sélectionneur d’une équipe nationale refuser de commenter ses choix, préférant « vendre » sa parole à un opérateur téléphonique. Ainsi, Raymond Domenech aurait reçu, selon la presse, 50 000 euros de SFR pour avoir répondu, en exclusivité, aux questions d’Estelle Denis, sa compagne et présentatrice de « 100% Foot » sur M6, rémunérée, quant à elle, 10 000 euros pour sa « pige ». Des faits que l’entraîneur français dément, allant jusqu’à intenter un procès en diffamation contre le « Journal du Dimanche ». Mais, il faut dire qu’en matière de foot l’opérateur téléphonique devient l’incontournable du support, au même titre que TF1 et Canal + pour la télévision. D’ailleurs, SFR a remporté, en octobre 2005 et pour « un montant raisonnable » (un million d’euros environ, soit cent fois moins que TF1), les droits français de diffusion et dispose, côté mobile, de l’intégralité des droits vidéo. Mais pas de direct. Les abonnés 3G de l'opérateur (1,5 million aujourd'hui) auront accès aux vidéos des buts, à des résumés des matches, ainsi qu'à des flashes d'information de cinq à six minutes. |
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| Le ballon donne le moral aux patrons allemands |
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Selon l'enquête mensuelle sur le climat des affaires réalisée par l'institut IFO, le moral des chefs d’entreprise allemands est reparti à la hausse en juin. Son indice a ainsi sur-performé les estimations des économistes et analystes pour s’établir à 106,8, son meilleur niveau depuis février 1991, contre 105,7 en mai. Effet Coupe du monde ? Certes – les patrons allemands voient déjà leur équipe en finale -, mais la bonne tenue de l’indice fait également écho aux bons résultats de la production industrielle – elle a enregistré, en avril, son meilleur taux de croissance en deux ans et demi - et à l’augmentation, plus que prévue, de l'excédent commercial du pays. L'indicateur est venu renforcer les anticipations de hausses de taux dans la zone euro et fait monter l'euro face au dollar. |
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| Bip bip bbiiiiipppp du PIB français |
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« La croissance française pourrait se voir légèrement freinée », estime Xerfi, l’Institut d’études de marché français. Trop absorbés par la compétition, « le nombre d’heures travaillées [des salariés français] risque de diminuer en juin et en juillet, surtout si la France avance dans la compétition ». Pour autant, des Bleus champions du Monde pourraient doper le moral des ménages. Et quel impact sur l’économie française ! |
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| « Le foot peut-il sauver Chirac ? » |
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Une victoire des Bleus en Allemagne permettra-t-elle au président français de sauver les meubles et d’ « achever son deuxième mandat sur une note positive » ? Abracadabrantesques ou non, telles sont les questions que se pose Nicolas Sobczak, analyste chez Goldman Sachs, dans une étude intitulée « La Coupe du monde et l’Economie ». Car, selon lui, la politique, plus que l’économie, influe sur les performances des Français. Malgré ses « qualités structurelles », note-t-il, la France est divisée et nostalgique. Son « conservatisme » incite les Français à se morfondre dans un passé glorieux plutôt qu’à se tourner vers l’avenir. En un sens, à craindre, jusqu’à fuir, la notion Schumpetérienne de « destruction créatrice ». Difficile, aussi, pour l’équipe de France de football de se renouveler et de faire fi de joueurs tels que Zidane, Thuram, Barthez et autres champions de la coupe 98, tous porteurs d’un modèle d’intégration « black-blanc-beur ». D’ailleurs, selon Nicolas Sobczak, la présidentielle française de 2002, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour, a eu pour effet de plomber les résultats des Bleus, qualifiés de « catastrophiques » (trois match, trois buts encaissés, pas un seul de marqué), lors de la Coupe du monde de la discipline au Japon. Si, à la vue de l’existence d’un lien de corrélation entre politique et résultats footballistiques, l’analyste de la Goldman ironise sur « Zidane, Président » en cas d’une victoire des Bleus… Dans la même logique, Le Pen, de son côté, doit espérer que l’équipe de France soit rapidement bottée en touche… |
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Le lion est mort... Goleo VI, né au Botswana le vendredi 5 juillet 1985 et sixième lion d'une grande lignée a eu du mal à s'acclimater en Europe. |
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En effet, après avoir été désigné mascotte officielle de la Coupe du monde de football 2006, le lion a perdu de sa superbe. Le 16 mai dernier, la société allemande qui le fabriquait, Nici, a annoncé son dépôt de bilan. Après avoir acquis pour 28 millions de dollars les droits exclusifs sur la peluche, la firme allemande a eu bien du mal à rentrer dans ses frais en raison d'une insuffisance des ventes provoquées par les moqueries - le lion ne portant pas de short - et la déception des allemands, qui auraient préféré comme symbole de leur Coupe un aigle. Le monde du foot serait-il plus terrible que celui de la jungle ? |
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| La 3e mi-temps dans une mauvaise passe |
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Le Mondial de foot 2006 sera-t-il celui du sexe ? En Allemagne, où la prostitution est devenue légale en 2002, les maisons closes sont des entreprises, leurs tenanciers des gérants et les 400 000 prostituées, selon des estimations, des « travailleuses du sexe », qui cotisent comme tout un chacun. Mais devant l’afflux de supporteurs - près de trois millions -, les « forces de travail » en présence risquent de ne pas absorber la demande grandissante. Aussi, les réseaux de traite des Blanches, attirés par l’appât du gain, ont choisi de faire passer la frontière à quelque 40 000 filles de l’Est. Un chiffre « avéré », selon Interpol, « gonflé » selon des associations communautaires. Mais pour certain, rien de choquant à cela. Selon Norman Jacob, avocat de la maison d’Artémis (3 000 m² sur quatre niveaux, piscine, sauna, etc.), l’un des Eros Center qui a ouvert, fin 2005, ses portes près de l’Olympiastadion à Berlin, estime que « football et sexe vont de pair ». D’ailleurs, le foot est devenu un tellement bon filon pour se faire de l’argent, que d’autres dérives ont déjà été constatées. La plus insolite d’entre elle étant peut-être la commercialisation non autorisée de vibromasseurs 'Olli K' et 'Michael B', « évoquant fortement » les noms d’Oliver Kahn, le gardien remplaçant de l’équipe allemande et de Michael Ballack le milieu de terrain et capitaine. L’histoire ne dit pas de combien les ventes de la chaîne allemande de sex-shops Beate Uhse ont augmenté après cet acte, disons… un peu olé-olé. |
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