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Quand la gestion joue la carte de l’éthique
Dieu et la finance ne font pas toujours bon ménage. Sœur Nicole Reille a pourtant réussi, en collaboration avec la société de Bourse Meeschaert, à réconcilier les deux.
Sœur Nicole, expert-comptable de formation et économe de sa communauté, confrontée à la pyramide des âges vieillissante des religieux, s’est inquiétée au début des années 80 de leur retraite.
Comment assurer l’avenir des sœurs, tout en respectant leur idéal ? « Est-il possible, au moyen de placements financiers, d’interroger le monde de l’économie sur la place qu’il fait à la personne ? », se sont demandées les religieuses. La réponse est venue sous la forme d’un premier fonds commun de placements, lancé en 1983 sous le nom de Nouvelle Stratégie 50. La gestion « éthique » à la française était née.
L’originalité des fonds éthiques vient des critères de sélection des sociétés dans lesquelles le gérant souhaite investir. Les premières Sicav recouraient essentiellement à des critères négatifs, refusant d'investir dans des activités comme le commerce des armes, l'énergie nucléaire, le tabac, l'alcool... Aujourd'hui la démarche adoptée est plus « positive » et enregistre des performances financières tout aussi attractives. L'aspect « social » a remplacé le « moral ».
Les actions représentent une part plus importante des portefeuilles et les gérants ne procèdent plus par exclusion. L'emploi, les relations humaines dans l'entreprise, l'environnement, la qualité, les relations avec les actionnaires et la société civile sont au cœur des préoccupations des gérants. Les gérants sélectionnent les entreprises qu’ils jugent les plus en pointe dans ces domaines en faisant l’hypothèse que les sociétés les « plus vertueuses » réalisent un meilleur parcours en Bourse.
Fonds socialement responsables
A côté des fonds éthiques, figurent des fonds privilégiant l’’investissement socialement responsable (ISR), des fonds qui misent sur les entreprises respectueuses de l’environnement ou encore sur le développement durable.
Par ailleurs, il existe des fonds de partage qui distribuent une partie de leurs revenus à des associations caritatives. Les souscripteurs de tels fonds bénéficient d’avantages fiscaux du même ordre que ceux qui régissent les dons. |
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Olivier de Guerre président de PhiTrust Finance |
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« PhiTrust a choisi de s’impliquer dans l’engagement actionnarial au travers de deux fonds, investis respectivement sur le Cac 40 et dans les valeurs moyennes européennes. Nous avons déterminé avec nos investisseurs un certain nombre de critères concernant le gouvernement d’entreprises.
Notre associé, le cabinet Proxinvest, est chargé d’analyser le fonctionnement des sociétés. Il détecte ainsi les cas dans lesquels un changement dans le gouvernement d’entreprise pourrait entraîner une meilleure efficacité de la société. À partir de là, nous voyons avec nos clients investisseurs quelle est la meilleure approche, de manière à ne pas prendre le risque de fragiliser l’entreprise. En effet, si certaines décisions sont bonnes sur le papier, elles peuvent être néfastes dans des cas pratiques précis, à certains moments de la vie de la société.
Nous prenons ensuite l’initiative de dialoguer avec les dirigeants, afin de leur faire comprendre l’impact positif d’une modification de leurs pratiques sur la perception d'un tel changement par les investisseurs et sur l'évolution à terme de la valeur boursière de leur société.
En aucun cas nous ne nous mêlons de la stratégie de l’entreprise. Nous sommes attentifs par exemple au nombre d’administrateurs libres d’intérêt présents au conseil d’administration. Plus ils sont nombreux, plus il est facile pour l’entreprise de développer une stratégie indépendante favorable aux intérêts de tous sur le long terme ». |
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