Eiffage a un nouveau DG, succession Roverato reste ouverte
Jeudi 15 mai 2008 / 17h35
Nathalie Boschat et Thomas Varela, DOW JONES NEWSWIRES PARIS (Dow Jones)--Le groupe de construction et de concessions Eiffage (13045.FR) a désigné jeudi un successeur au directeur général Benoît Heitz, parti abruptement en décembre dernier, mais cette nomination laisse ouverte la question de la succession de J-F.Roverato, le PDG devenu une figure emblématique du groupe. Eiffage a annoncé jeudi la nomination de François Massé au poste de directeur général adjoint, choisissant ainsi un des lieutenants du groupe pour succéder à terme au directeur général Benoît Heitz. François Massé, tout comme son précédesseur, a passé l'essentiel de sa carrière dans le groupe. Entré chez Fougerolle, l'une des divisions d'Eiffage Construction, en 1976, il y a assumé diverses responsabilités opérationnelles avant de prendre la présidence d'Eiffage Construction en septembre 2005. François Massé devrait à terme accéder au poste de directeur général et remplacer B. Heitz, a indiqué à Dow Jones Newswires une source proche d'Eiffage, ajoutant que le calendrier de cette transition n'était pas pour l'instant déterminé. Son parcours serait ainsi assez similaire à celui de B.Heitz, qui était aussi passé par le poste de directeur opérationnel d'Eiffage en 2005 avant d'accéder au poste de directeur général en 2007. B. Heitz, présenté comme le successeur désigné de Jean-François Roverato à la tête d'Eiffage, a quitté le groupe en décembre 2007 officiellement pour des raisons de convenance personnelle. Mais des sources proches du dossier estiment que son départ aurait été provoqué par des divergences avec J-F. Roverato et certains patrons de filiales. "François Massé est probablement la bonne personne à la bonne place, son passage par Eiffage construction, le noyau historique de la société, lui donne la culture maison. Son profil comparable à celui de Benoît Heitz confirme que J-F. Roverato a du mal à lâcher la main, comme il l'a lui-même reconnu. Cela n'est pas une surprise et une répartition claire des rôles devrait permettre d'éviter les conflits à la tête de la société", commente Philippe Ezeghian, chez Fortis. S'il est "dans le sens de l'histoire que F.Massé remplace à terme J-F. Roverato, il est sans doute prématuré de conclure à cela. Ce n'est que la première étape, on ne connaît pas encore les suivantes", ajoute la source. Jean-François Roverato, qui cumule depuis décembre les fonctions de président et de directeur général, sera touché par la limite d'âge de 65 ans en 2009. Mais les statuts d'Eiffage permettent au conseil d'administration de proroger ses fonctions de président d'une durée maximale de trois ans. Et les dernières déclarations de Jean-François Roverato laissent penser qu'il n'est pas près de partir. "À tort ou à raison, j'ai le sentiment d'être en bonne forme. L'aboutissement heureux de notre idylle avec Sacyr Vallehermoso (SYV.MC) m'autorise à considérer que je me sens bien à la tête d'Eiffage", déclarait-il dans un entretien récent au Figaro. Refusant alors de définir le futur remplaçant de B.Heitz comme son successeur et préférant à ce terme celui de "coadjuteur", il avait ajouté qu'il ne lui serait pas facile de passer la main. Le dirigeant a été le fer de lance de la bataille contre la tentative de prise de contrôle d'Eiffage par le groupe espagnol. Au terme d'un conflit juridique de deux ans, Sacyr a finalement revendu sa participation de 33,32% d'Eiffage à un groupe d'investisseurs institutionnels français. "Cette nomination risque d'apparaître comme une occasion manquée de régler durablement le problème de la succession à la tête d'Eiffage, qui reste posé. Du simple fait de son âge (56 ans), F. Massé risque d'apparaître plus comme un intérimaire que comme un véritable successeur de long terme. Il risque d'apparaître comme un simple exécuteur des ordres de Roverato, choisi pour ne pas lui faire de l'ombre", commente un analyste parisien qui a souhaité rester anonyme. Lors d'une réunion avec la presse fin février, J-F. Roverato avait indiqué privilégier la piste de candidatures externes pour trouver un successeur à B. Heitz. Mais une candidature interne a été préférée en raison de l'importance de l'actionnariat salarié au sein du groupe. "Un candidat interne, connaissant la culture du groupe, pouvait sembler mieux à même d'animer la politique d'Eiffage envers son actionnariat salarié", estime une source proche du dossier. -Nathalie Boschat et Thomas Varela, Dow Jones Newswires; +33 (0) 1 40 17 17 40; nathalie.boschat@dowjones.com