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par Yann le Guernigou PARIS (Reuters) - Le sommet des quatre grands pays européens samedi à Paris a permis des avancées en matière de coopération pour lutter contre la crise financière, même si aucune réponse globale, à l'image du plan Paulson aux Etats-Unis, n'est en vue sur le vieux continent. Les dirigeants français, allemand, britannique et italien ont conclu près de trois heures de travaux à l'Elysée, prolongés par un dîner de travail, par un engagement solennel à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver leurs banques en difficultés, mais dans une approche qui reste essentiellement nationale. Ils se sont surtout engagés à coordonner leurs efforts pour éviter que des décisions prises chez l'un n'aient des conséquences préjudiciables chez un voisin. Leur réunion s'est tenue sur fond de nouveaux développements de la crise en Europe, avec l'échec du plan de renflouement de 35 milliards d'euros d'Hypo Real Estate en Allemagne et des incertitudes sur le sort de la partie belge de Fortis après la nationalisation des actifs néerlandais du groupe de bancassurance, qui crée des tensions entre les deux pays. "Ce qui est très important, c'est que devant une crise mondiale l'Europe existe, présente une réponse", s'est félicité samedi soir Nicolas Sarkozy, l'organisateur de la réunion. Au passage, le chef de l'Etat français a catégoriquement démenti avoir envisagé la création d'un fonds de soutien au système bancaire européen à l'image de celui de 700 milliards de dollars voté par le Congrès américain. L'Allemagne avait fait savoir à l'avance son opposition totale à un tel fonds et la chancelière Angela Merkel a mis l'accent sur le fait que le sommet de Paris avait permis un accord sur la mise en place d'une "démarche cohérente" de chaque Etat pour faire face à la crise. "MECANIQUE TYPE ANNEE 30" Interrogé sur Europe 1, l'économiste Nicolas Baverez a estimé que cette politique "du chacun pour soi" n'était pas à la hauteur des enjeux et que le sommet n'avait rien décidé pour s'attaquer au problème numéro un, l'absence de liquidités, par manque de confiance, sur le marché interbancaire. "Si les banques ne se prêtent pas entre elles, le crédit va s'éteindre, les entreprises vont tomber et la dépression va s'accélérer. Nous aurons une mécanique type années 30 et c'est celle-là qu'il faut enrayer", a-t-il dit. La Fédération bancaire française a exprimé son soutien aux dispositions adoptées par le sommet visant à assurer la stabilité du système financier et le financement de l'économie. Dans un bref communiqué, elle a même insisté sur certaines qui lui paraissent "essentielles, comme les progrès pour une supervision transfrontière et les mesures relatives aux normes comptables". Sur le premier point, le sommet du G4 s'est engagé sur la création d'un "collège de superviseurs internationaux" pour surveiller - "au cas par cas", dit-on côté français - les banques présentes sur plusieurs pays, ce qui constitue un petit pas vers une supervision au niveau européen, un sujet très controversé. Sur le second, il a souligné la nécessité que l'Europe se penche elle aussi, comme les Etats-Unis le font, sur un assouplissement des règles obligeant les banques à valoriser aux prix de marché une bonne partie de leurs actifs. L'absence de prix sur des catégories d'actifs comme les produits dérivés adossés à des crédits immobiliers américains, du fait de l'assèchement de ce segment de marché depuis l'été dernier, est à l'origine des dizaines de milliards d'euros de dépréciations que les banques ont dû passer dans leurs comptes. TEST IRLANDAIS Sur un plan plus politique, les participants du sommet sont convenus que les responsables des banques en difficulté devraient rendre des comptes en cas d'injection d'argent public et ont appelé de leurs voeux la réunion d'un sommet international pour réformer le système financier et sa gouvernance. Un premier test de la nouvelle "doctrine" adoptée samedi concerne l'Irlande, qui a irrité ses voisins en allant jusqu'à garantir l'intégralité des dépôts de ses banques, avec pour conséquence un afflux de nouveaux clients, notamment britanniques, à leurs guichets. Le G4 a d'ailleurs demandé des progrès vers une harmonisation européenne de ces garanties. La partie française a enfin tenu à souligner que le sommet invitait la Commission européenne à faire preuve de souplesse dans ses décisions sur les aides d'Etat aux banques en difficulté comme sur l'application des critères du traité de Maastricht en matière de dette et déficits, ce qui est autorisé dans "des circonstances exceptionnelles". Présent lui aussi à Paris, le président de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a évoqué à cet effet une "grille de lecture plus économique du traité de Maastricht". Mais "ça ne veut pas dire qu'on laissera maintenant filer les déficits", a-t-il averti, indiquant que la Commission de Bruxelles "jugera des qualifications qu'elle voudra donner aux ajustements des uns et des autres." Il reste maintenant aux quatre pays présents à Paris à convaincre leurs pairs européens, dont certains n'ont pas caché leur irritation de ne pas avoir été invités. Le sujet devrait être abordé dès lundi lors d'une réunion de l'Eurogroupe puis sera certainement en bonne place lors du sommet prévu les 15 et 16 octobre. Avec la contribution d'Emmanuel Jarry
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