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par Julien Toyer et Emmanuel Jarry BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a fait un pas en avant vers une plus grande coordination des politiques économiques de ses Etats membres en appelant à une "concertation efficace" des réponses nationales face à la crise. Les Vingt-sept se sont par ailleurs entendus pour demander à la Commission européenne de leur présenter une "stratégie" qui sera étudiée lors du Conseil européen de décembre. "L'unité de l'Union européenne doit se traduire par une concertation efficace en ce qui concerne les réponses de politique économique que chaque Etat met en place pour faire face à la situation actuelle", peut-on lire dans le texte sur lequel se sont entendus les membres de l'UE. "Nous demandons au conseil Ecofin et à la Commission de présenter au prochain Conseil européen une stratégie européenne (...) comportant des principes d'action et des mesures concrètes pour faire face au ralentissement économique et préserver la croissance et l'emploi", est-il également écrit. La mise en place d'un gouvernement économique européen "clairement identifié" et capable de discuter d'égal à égal avec la Banque centrale européenne (BCE) est une revendication récurrente de Nicolas Sarkozy, mais elle s'est jusqu'ici heurtée au refus de Berlin et d'autres capitales européennes de créer une structure susceptible de remettre en cause l'indépendance de la BCE. "Il y a une inquiétude de tous les Etats européens devant la gravité de la situation économique et tous, je dis bien tous, sont convaincus de la nécessité de prendre des initiatives économiques après les initiatives techniciennes", a déclaré le chef de l'Etat français, qui préside l'UE jusqu'à fin 2008, lors d'une conférence de presse. "Tous sont d'accord sur la nécessité absolue d'une coordination des politiques économique en Europe. Coordination ne veut pas dire que l'on doit tous faire la même chose (...) mais que nous devons coordonner nos politiques économiques comme nous avons coordonné nos politiques financières", a-t-il nuancé. PAS DE DÉSACCORD "DE FOND" AVEC L'ALLEMAGNE La chancelière allemande, Angela Merkel, a de son côté reconnu que la question de la coordination des politiques économiques avait été abordée et qu'il n'y avait pas eu de "dissensions" avec la France. "S'ils le veulent, ils peuvent appeler cela un gouvernement économique", a-t-elle concédé, estimant néanmoins que le cadre de cette concertation devait être l'Union européenne dans sa totalité et non le groupe restreint des quinze pays partageant la monnaie unique, comme le souhaite Nicolas Sarkozy. Angela Merkel a par ailleurs noté que les réponses économiques à la crise, notamment des politiques de relance, devaient être trouvées à un niveau national, européen et mondial "Sur le gouvernement économique, franchement, sur le fond il n'y a pas de désaccord. Et j'ai été très heureux de voir Mme Merkel qui, un, considérait qu'il y a nécessité d'une relance économique et, deux, qu'il y a nécessité d'une coordination économique", a insisté Nicolas Sarkozy. "Les mots en revanche ont peut être un sens différent d'un côté du Rhin et de l'autre, a-t-il poursuivi. Si par gouvernement économique on entend Europe fédérale, même politique économique dans chaque pays, ce n'est pas ce que je défends comme idée. Si on entend par coordination, pour reprendre l'expression de Mme Merkel, boîte à outil, non il n'y a pas de désaccord." UNE EUROPE "QUI PÈSE" Nicolas Sarkozy a indiqué à plusieurs reprises que ce gouvernement économique devait prendre la forme de réunions régulières de l'Eurogroupe au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, avec une présidence stable. En début de semaine, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, qui préside l'Eurogroupe, avait jugé "peu utile" une institutionnalisation de ces réunions au plus haut niveau. Interrogé sur l'éventuelle présence de ce dernier au sommet de Washington, le président de la République a répondu vendredi. "Si l'Eurogroupe est seulement la réunion des ministres des Finances, le sommet de Washington à ma connaissance n'est pas une réunion des ministres des Finances, et il n'y a donc pas de raisons que le président des ministres des Finances y soit", a-t-il dit à l'adresse de Juncker. "Si l'Eurogroupe venait à être réformé, ce que certains en Europe souhaitent, pour devenir une instance de chefs d'Etat et de gouvernement, alors à l'évidence la question devra se poser", a-t-il ensuite insisté, ajoutant que tout était "une question de conception". "Est-ce qu'on veut lui donner une dimension uniquement économique et financière ou est-ce qu'on veut lui donner une dimension plus politique ?", a-t-il conclu. Plus tôt dans la journée, lors d'un discours prononcé à l'occasion du 50e anniversaire de la Commission européenne, Nicolas Sarkozy s'était déjà exprimé sur la question en termes identiques. "Tout n'est pas qu'un problème institutionnel. Il y a un problème de volonté, il y a un problème de vision aussi. Mais il faut savoir ce qu'on veut. Nous, ce que nous voulons c'est une Europe qui pèse", avait-il dit. Emmanuel Jarry et Julien Toyer, édité par Yves Clarisse
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