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par Steve Slater LONDRES (Reuters) - Le sauvetage en catastrophe de Bear Stearns par JP Morgan Chase & Co attise les craintes sur le marché bancaire, qui appréhende d'autres chutes brutales, peu de banques étant à l'abri des remous actuels. Les valeurs des principales banques européennes étaient en forte baisse lundi, Royal Bank of Scotland, Barclays, HBOS et UBS perdant plus de 8%. L'annonce du prix de rachat de Bear Stearns par JPMorgan Chase, à deux dollars par action, soit 7% seulement du dernier cours et à peine plus du centième du record historique inscrit par l'action l'an dernier, a semé la stupeur, soulignant les risques courus par les banques depuis la crise du "subprime". "Si l'on arrive une crise de confiance sur l'ensemble du marché bancaire et à la chute d'un établissement de la taille de Bear Stearns, les gens vont se mettre à paniquer", prédit Simon Maughan, analyste chez MF Global. Dirk Hoffman-Becking, expert chez Stanford Bernstein, tempère en estimant que le marché bancaire européen semble en meilleure posture que son homologue américain, "mais en fin de compte, personne n'est à l'abri", reconnaît-il. "Étant donné qu'un acteur majeur de cette industrie, même s'il s'agit du plus petit et du plus exposé sur le marché obligataire, n'est pas passé loin de la faillite, nous recommandons aux investisseurs de se montrer très prudents sur le marché bancaire européen", dit-il. "Nous nous attendons à des ventes massives, déconnectées des perspectives à long-terme", poursuit-il. En fin de matinée, l'indice bancaire européen reculait de 5,8%, à 312, après avoir touché 311,81. L'action UBS perdait 10,69%, alors que les investisseurs pensent que la banque suisse pourrait encore perdre des milliards de dollars avec la détérioration de la conjoncture économique américaine. HBOS se dépréciait de 10,65% à 471,5 pence, tandis que son concurrent Alliance & Leicester était en baisse de 11,02% à 456 pence. Les banques d'investissement étaient elles aussi en recul. RBS et Barclay perdant plus de 7,5%, tandis que la Deutsche Bank abandonnait 6,16% à 57,72 euros. La crise de confiance sur le marché bancaire est palpable, et l'annonce faite par la Fed, qui a décidé d'abaisser d'un quart de point son taux d'escompte sans attendre sa réunion de politique monétaire mardi, n'est pas en mesure de rassurer les investisseurs, estiment les analystes. "Ces événements doivent tout autant à la psychologie qu'à des faits avérés. Nous ne pouvons donner aucune assurance que les banques que nous suivons sont à l'abri d'une crise de liquidités", dit Hoffman-Beckering. En conséquence, la banques devraient resserrer leurs politiques de taux et leurs prises de risques, entraînant une hausse des coûts de financement, voire de dépréciations d'actifs. Le coût des assurances contre les défauts de paiement a subi une forte hausse, rapportait lundi un trader londonien. L'indice de référence iTraxx progressait de 12 points de base à 166, tandis que son index dérivé, gagnait 33 points de base à 305. Version française Nicolas Delame
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