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NEW YORK (Reuters) - La banque d'investissement Lehman Brothers Holdings a rétrogradé sa directrice financière et son directeur général adjoint, quelques jours après avoir annoncé qu'elle projetait une perte trimestrielle de 2,8 milliards de dollars. Le remplacement d'Erin Callan à la direction financière par le directeur administratif Ian Lowitt et celui de Joseph Gregory par Bart McDade, responsable mondial des opérations boursières, intervient alors que l'action Lehman a chuté de plus de 60% cette année. La perte plus forte que prévu, dont l'annonce s'est accompagnée d'une augmentation de capital de six milliards d'euros a achevé de mettre à mal la confiance de Wall Street envers le plus petit des brokers survivants. Callan est la dernière en date des personnalités de Wall Street a subir le contrecoup de la crise du crédit. Sa rétrogradation fait qu'il n'existe pratiquement plus de femmes occupant des postes très élevés à Wall Street. Certains investisseurs se demandent toutefois pourquoi le directeur général Richard Fuld n'assume pas davantage la responsabilité des déboires de Lehman Brothers. "Je pense qu'on craint simplement que les problèmes de Lehman soient plus profonds que Fuld ne l'imaginait", dit Matt Kaufler (Clover Capital Management). "Sa crédibilité en prend un coup mais après tout c'est normal." Kaufler fait toutefois remarquer qu'à la différence de Bear Stearns, lorsque cet établissement était sous pression, Lehman peut emprunter au guichet de l'escompte de la Réserve fédérale. Callan, qui n'était directrice financière que depuis décembre, restera chez Lehman, rejoignant sa banque d'investissement avec un poste à responsabilité, explique Lehman. Gregory, chez Lehman depuis plus de 30 ans, y restera également mais à un poste non précisé, a dit un porte-parole de la banque. Fuld explique dans un communiqué que remplacer Gregory "fut l'une des décisions les plus difficiles que chacun de nous ait jamais eu à prendre". Certains investisseurs voient dans ces décisions une nécessité. "Wall Street réagit très vite et il est évident que les actionnaires étaient très, très déçus par ce qui se passait chez Lehman", commente Anton Schutz (Mendon Capital Advisors). "Je pense qu'il fallait vraiment changer une partie du management responsable d'une partie des déconvenues de l'actionnaire". Les swaps de défaut de crédit de Lehman se sont creusés dans un premier temps mais ils se sont à présent resserrés d'une quinzaine de points de base à 275 pdb. L'action Lehman Brothers, qui perdait plus de 6% en ouverture en réaction à ces dernières annonces, était revenue dans le vert dans le courant de la matinée et gagnait 1,05% à 24 dollars vers 15h25 GMT. Dan Wilchins, version française Wilfrid Exbrayat
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