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par Robin Pomeroy et Laura MacInnis GENEVE (Reuters) - Les négociations du cycle de Doha risquent d'échouer si les participants n'atteignent pas un compromis dans les heures qui viennent, a déclaré Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce. "C'est la brutale réalité. La situation est critique, sur le fil entre l'échec et le succès. Le temps est compté, les prochaines 24 heures seront cruciales", a-t-il déclaré aux représentants des pays engagés dans les négociations, selon son porte-parole. Les ministres du Commerce n'ont effectué que de maigres avancées depuis le début, lundi, des pourparlers visant à libéraliser les échanges mondiaux par la baisse des barrières douanières et des subventions. Le groupe restreint de sept responsables formé mercredi soir se réunit à nouveau vendredi. De l'avis de l'un d'eux, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, il s'agit de "la dernière tentative pour concilier les positions de chacun". Les six autres délégués représentent les Etats-Unis, le Japon, l'Australie, le Brésil, la Chine et l'Inde. Les délégués ont dit qu'ils sauraient rapidement à l'issue de la réunion si les négociations se sont soldées par un échec ou non. Il était toutefois impossible de prédire combien de temps cette nouvelle séance pourrait durer. DES SOLUTIONS SUGGÉRÉES Les puissances émergentes telles que l'Inde ou le Brésil ont vivement critiqué les Etats-Unis et l'Union européenne pour n'avoir pas accepté de baisser davantage les subventions à leurs agriculteurs et leurs barrières protectionnistes. A Washington comme à Bruxelles, on estime en revanche avoir fait des concessions. Aux pays émergents de montrer qu'ils sont également prêts à en faire, estiment les Américains et les Européens, qui souhaitent obtenir un accès facilité aux marchés en développement pour leurs produits manufacturés. Pascal Lamy a remis aux sept représentants un document présentant plusieurs terrains d'entente possibles, a-t-on appris de source autorisée. Le Mexique a de son côté suggéré une porte de sortie au débat sur les produits manufacturés, en proposant que le volume de ventes protégé des réductions douanières soit limité à 10% par secteur industriel. Plusieurs syndicats industriels argentins, indiens et sud-africains ont diffusé un communiqué commun dans lequel il soulignent que le projet d'accord, dans son état actuel, risque de nuire à des secteurs économiques dont dépendent de nombreux emplois. En cas d'échec à conclure un accord lors de cette réunion de l'OMC, qui pourrait se prolonger la semaine prochaine, la plupart des observateurs pensent que le cycle de Doha serait suspendu pour plusieurs mois, en raison de l'élection présidentielle américaine et du changement d'administration qui s'annonce à Washington. Pascal Lamy a souligné qu'un succès serait d'autant plus bienvenu qu'il enverrait un signe positif à l'économie mondiale, confrontée à l'inflation des matières premières alimentaires et énergétiques ainsi qu'à la crise du crédit. "Le monde extérieur ne comprendra pas si nous ne saisissons pas cette occasion de conclure un cycle où beaucoup de choses sont déjà sur la table et qui promet bien plus", a ajouté le directeur général de l'OMC. Version française Gregory Schwartz
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