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FRANCFORT (Reuters) - La dégradation de la conjoncture économique explique que les normes de crédit se soient nettement resserrées pour les entreprises de la zone euro au troisième trimestre, fait savoir la Banque centrale européenne (BCE). Le dernier rapport trimestriel de la BCE sur le crédit bancaire montre que ces normes ont également été durcies pour le crédit immobilier aux particuliers. L'institut d'émission observe que les grandes entreprises ont continué d'être davantage affectées par la situation des marchés financiers que les PME. C'est la cinquième fois d'affilée que les normes de crédit subissent un durcissement net et la BCE ajoute que les banques pensent que l'accès au crédit sera encore plus difficile dans les mois qui viennent. "Pour ce qui concerne les trois prochains mois, les banques ont signalé que leur accès resserré aux marchés monétaire et obligataire aurait un impact plus grand sur leur inclination à prêter et sur leurs marges", constate la BCE. De surcroît, les normes de prêt pour les crédits immobiliers aux particuliers devraient subir un resserrement net encore plus prononcé au quatrième trimestre qu'au troisième. Ce resserrement plus fort devrait également s'appliquer au crédit à la consommation et à d'autres formes de prêt pour les ménages. Quant aux entreprises, le resserrement net du crédit ne devrait guère changer au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent. Aurelio Maccario, chef économiste zone euro d'UniCredit, juge que ce rapport dépeint "un scénario très sombre" pour le crédit dans la zone euro. "La zone euro subit sa plus grave crise du crédit depuis sa création et l'économie réelle risque une récession plus grave que celle en cours, en raison d'un gel des fonds drainés vers les entreprises et les ménages", ajoute-t-il dans une note d'étude. Ce gel prend d'autres formes, comme par exemple des dépôts à 24 heures effectué au taux de facilité de dépôt de la BCE au lieu d'être redirigé vers le marché interbancaire. Ces dépôts ont atteint le montant record de 297,424 milliards d'euros le 6 novembre, dépassant un précédent record de 295,9 milliards établi durant cette même semaine. De fait, même si Nicolas Sarkozy a pressé jeudi les banques, sous la menace, de ne pas restreindre le crédit aux entreprises, une enquête trimestrielle de la Banque de France montre que "pour le dernier trimestre (ndlr: de 2008), plus des deux tiers des banques ont l'intention de resserrer à nouveau leurs critères d'attribution". La BdF observe qu'au troisième trimestre, plus des 3/4 des banques ont durci leurs critères d'attribution de crédit aux entreprises, les PME étant plus affectées que les grandes entreprises. Pareillement, la Bundesbank a observé un resserrement au troisième trimestre, surtout envers les entreprises, lequel devrait encore s'intensifier durant le quatrième trimestre. Marc Jones et Paul Carrel, version française Wilfrid Exbrayat
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