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par Krista Hughes et Dominic Lau BÂLE, Suisse (Reuters) - La hausse des prix de l'alimentaire est peut-être l'un des enjeux les plus graves auxquels le monde est confronté mais c'est un problème sur lequel la politique monétaire a peu d'effets, ont jugé lundi plusieurs banquiers centraux. Après une hausse moyenne de plus de 40% sur un an, la question des prix de l'alimentation est en tête de l'ordre du jour de la réunion de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui s'est ouverte dimanche. "La pression sur l'alimentation est un problème global, nous devons observer, scruter, mais nous ne pouvons utiliser les instruments monétaires pour y remédier", a déclaré Slawomir Skrzypek, gouverneur de la Banque centrale polonaise. "C'est peut être le problème le plus sérieux auquel nous devons faire face à présent." "Cela va sans doute être l'un des grands sujets ici", a déclaré Stanley Fisher, gouverneur de la Banque centrale israélienne. Les principaux banquiers centraux, dont le gouverneur adjoint de la Réserve fédérale américaine Donald Kohn et le nouveau gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa rejoignent leurs homologues du G7 et les responsables politiques des nations les plus développées. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui préside le colloque sur l'économie globale, devait tenir une conférence de presse dans la journée. "UN DÉFI À RELEVER" Cette réunion de mai intervient dans un contexte marqué par une hausse des prix de l'alimentaire et de l'ensemble des matières premières, qui a propulsé l'inflation à des records historiques de la zone-euro à la Chine et qui donne des migraines aux banquiers centraux, déjà inquiets de l'impact économique de la crise financière qui secoue les marchés depuis déjà neuf mois. Erkki Liikanen, gouverneur de la Banque centrale finlandaise juge que la hausse du prix des produits alimentaires est un sujet s'inquiétude tant au plan de l'inflation qu'à celui des niveaux de vie dans de nombreuses nations en développement. Entre mars 2007 et mars 2008, les prix de l'alimentation ont grimpé de 43%, déclenchant de nombreuses émeutes liées à la faim, au Cameroun ou au Burkina-Faso, des grèves en Egypte et des manifestations en Indonésie. "Ils (les prix) ont un impact sur la situation de la plupart des pauvres à travers le monde", note Erkki Liikanen, par ailleurs membre du conseil des gouverneurs de la BCE. "C'est un défi à relever presque inédit pour de nombreux pays développés", poursuit-il. En Chine, la hausse des prix alimentaires a porté l'inflation à son plus haut niveau depuis 12 ans lors des trois premiers mois de 2008, à près de 8%, même si le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, attribue cette hausse à un contexte saisonnier. "Après les fêtes du printemps (...), le taux d'inflation pourrait décliner", a-t-il déclaré dimanche. "Mais cela n'indique pas si la tendance sera haussière ou pas sur l'ensemble de l'année. C'est encore incertain." Version française Nicolas Delame
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