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LONDRES (Reuters) - Les cours du pétrole plongeaient de cinq dollars le baril environ lundi, les craintes pour le système financier suscitées par la faillite de Lehman Brothers ravivant la crainte d'une baisse marquée de la demande tout en détournant les investisseurs des marchés de matières premières. Les premières estimations des dégâts causés par l'ouragan Ike, qui semble avoir peu touché les infrastructures pétrolières, contribuent aussi à ce repli marqué. A 15h04 GMT, le contrat octobre sur le brut léger américain perdait 3,95 dollars, soit 3,9%, à 97,23 dollars le baril et le Brent cédait 4,66 dollars (-4,79%) à 92,92 dollars. Le brut léger a brièvement touché un plus bas de sept mois à 94,13 dollars. Il était passé vendredi sous le seuil symbolique de 100 dollars pour la première fois depuis début avril. Le dépôt de bilan de Lehman Brothers, le rachat de Merrill Lynch par Bank of America et les informations sur les difficultés de financement de l'assureur AIG ravivent les craintes d'un ralentissement durable et prononcé de la croissance mondiale, donc d'une baisse de la demande pétrolière. "Le mouvement de vente est dû en partie au fait que l'ouragan Ike n'a causé aucun dommage structurel important aux infrastructures pétrolières, ainsi qu'aux inquiétudes croissantes sur l'économie", résume David Moore, stratège matières premières de Commonwealth Bank of Australia. "Les événements ont pris une tournure spectaculaire avec Lehman et Merrill et les tensions dans le système financier alimentent les craintes sur les perspectives économiques ainsi que sur l'impact pour la demande mondiale d'énergie." Contrairement à la tendance observée ces dernières semaines, la baisse du pétrole ne profite pas au dollar, la montée brutale de l'aversion au risque favorisant avant tout les emprunts d'Etat, l'or et le yen. "Le schéma pétrole-dollar semble avoir changé", noter Michael Davies, analyste de Sucden. "Alors que la fuite vers la qualité a fait monter l'or aujourd'hui, le pétrole ne semble pas être utilisé comme couverture pour l'instant, car le sentiment du marché reste baissier." Matthew Robinson et David Sheppard, version française Marc Angrand
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