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par Tom Ferraro et Richard Cowan WASHINGTON (Reuters) - Le camp démocrate a accusé jeudi John McCain d'avoir plongé les négociations sur le plan de sauvetage du système financier américain dans la tourmente en souscrivant à un projet alternatif, tandis que les autorités prononçaient la faillite de Washington Mutual, première caisse d'épargne des Etats-Unis. JPMorgan Chase & Co a annoncé avoir repris les dépôts de l'établissement, plombé par des pertes liées aux crédits immobiliers à risques. Washington assure que l'opération sera sans conséquences pour les clients de WaMu, fondée en 1889 à Seattle. Un accord sur le plan de sauvetage aurait pu éviter cette faillite d'une ampleur sans précédent dans le secteur bancaire américain. La recherche d'un éventuel repreneur a pâtit des doutes suscités par les négociations sur ce plan. Jeudi, un accord semblait imminent jusqu'à la réunion organisée à la Maison blanche en présence du candidat républicain à la présidence John McCain, de son rival démocrate Barack Obama et de parlementaires des deux camps. Des représentants républicains ont alors présenté un plan alternatif auquel McCain a apporté son soutien, selon le camp démocrate. "Je ne crois pas que nous ayons un accord", a résumé le sénateur républicain Richard Selby, à l'issue de cette réunion d'urgence. D'autres parlementaires estiment que l'accord ne pourra être conclu avant le week-end. "Il semble que le sénateur McCain se soit rangé à l'avis des républicains de la Chambre qui veulent une approche totalement différente", a regretté Henry Waxman, représentant démocrate de Californie, à l'issue d'une réunion de son groupe. L'état-major du candidat républicain a démenti. "Lors de la réunion d'aujourd'hui, John McCain n'a attaqué aucune proposition et n'a approuvé aucun plan", dit-il dans un communiqué. "UN PLAN DE SAUVETAGE DE MCCAIN" Le plan alternatif avancé par l'aile conservatrice du groupe républicain propose au gouvernement de garantir une moitié des actions liées aux crédits qui ne sont pas assurées et invite le Trésor à collecter des primes auprès de leurs porteurs pour financer ces garanties. Il prône en outre des baisses d'impôts temporaires et invite les institutions financières parties prenantes du programme à davantage de transparence. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la réserve fédérale Ben Bernanke, principaux architectes du plan originel, se sont rendus en urgence au Capitole dans la soirée pour exhorter les républicains à renoncer à leur projet. "Il est essentiel que ce dispositif législatif soit adopté rapidement. Nous avons des craintes sérieuses au sujet de l'état de notre marché des crédits", a souligné Tony Fratto, porte-parole de la Maison blanche. Christopher Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, selon lequel les négociations pourraient s'étaler jusqu'au week-end, a fustigé l'attitude de McCain, qui avait pourtant suspendu sa campagne la veille pour se consacrer à la crise. "Il me semble qu'il s'est agit pendant deux heures d'un plan de sauvetage de John McCain", a déploré Dodd, interrogé par la chaîne CNN. "Mon inquiétude c'est que, lorsqu'on instille des enjeux politiques présidentiels dans de délicates négociations, on peut créer davantage de problèmes qu'on en résout", a quant à lui commenté Obama, toujours sur CNN. SARKOZY: UNE CRISE SANS PRÉCÉDENT Les informations faisant état de l'imminence d'un accord avait auparavant stabilisé des marchés passablement malmenés. Les Bourses européennes ont ainsi terminé en hausse de 2%, tandis qu'à Wall Street, le Dow Jones s'adjugeait 1,82%, malgré la publication d'indicateurs macro-économiques encore dégradés. "La crise de confiance est sans précédent et ses conséquences seront durables. La France n'est pas à l'abri des conséquences sur la croissance, le chômage et le pouvoir d'achat", a toutefois estimé Nicolas Sarkozy lors d'un discours prononcé devant 4.000 personnes réunies au Zénith de Toulon. "Je n'accepterai pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements", a martelé le chef de l'Etat. A Washington, son homologue américain a averti en ouverture de la réunion de la Maison blanche que les Etats-Unis seraient confrontés à "une grave crise économique si nous ne légiférons pas". Selon Barney Frank, président démocrate de la commission des services financiers de la Chambre de représentants, les négociations se poursuivront vendredi, mais rien n'indique que les partisans du plan alternatif y participeront. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, ne soumettra pas aux élus un texte "partisan", a-t-il ajouté, laissant entendre que le texte devait porter la signature d'élus républicains. Les 700 milliards de dollars prévus dans le cadre du plan Paulson-Bernanke seront débloqués par tranches, comme le souhaitaient de nombreux élus, a par ailleurs annoncé Frank. La somme, qui représente 2.300 dollars par habitant, enfants compris, dépasse le montant total des prêts accordés par le Fonds monétaire international depuis sa création, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Version française Jean-Philippe Lefief
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