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PARIS (Reuters) - Le projet de changement de statut de La Poste en une société anonyme ne sera pas mis en oeuvre pendant la crise financière, une annonce d'un conseiller de Nicolas Sarkozy saluée comme une première victoire par les opposants au projet. En deux temps, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, s'est exprimé dimanche sur le sujet. "D'abord, il n'a jamais été question de privatiser La Poste. Il n'est pas question, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir le capital de La Poste", a-t-il dit dans un premier temps sur Europe 1. Il a ensuite assuré sur France Info que cette déclaration ne changeait rien à la situation. "La décision sur La Poste sera prise le moment venu, pour l'instant, il n'y a pas de décision, donc la question de l'ouverture du capital n'est pas posée", a-t-il dit. Le report du passage au statut de société anonyme, suivi de la cession d'une partie minoritaire du capital au privé, semblait inéluctable dans l'état actuel des marchés financiers. Mais c'est cependant la première fois que l'Elysée remet en cause cette option. La direction de la Poste prévoyait jusqu'ici la réforme pour 2010, avec l'appui du gouvernement. Le 6 juillet dernier, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant avait déclaré que le projet "méritait l'intérêt". L'annonce intervient en pleine mobilisation des opposants. La CGT de la Poste doit remettre à Nicolas Sarkozy mardi prochain à l'Elysée une pétition avec 300.000 signatures de salariés et d'usagers de La Poste opposés au projet. Une journée d'action syndicale unitaire est programmée le 22 novembre et les syndicats l'ont maintenue dimanche afin d'obtenir, dit Sud-PTT, "l'abandon pur et simple du projet". "FORMIDABLE VICTOIRE", DIT LE PCF "Nicolas Sarkozy suspend le projet de privatisation de La Poste. C'est une formidable victoire. La crise financière impose l'évidence: la libre concurrence, la loi du marché, le libéralisme ont fait leur temps", a déclaré le Parti communiste dimanche dans un communiqué. La direction de La Poste, qui emploie 288.000 personnes, affirme que le changement de statut est la seule solution pour trouver au moins trois milliards d'euros afin d'affronter l'ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011, décidée au niveau européen. Les adversaires du projet, dont la gauche et les syndicats, estiment qu'il existe d'autres solutions financières et que l'ouverture à la concurrence n'implique pas l'ouverture au privé. Ils pensent par ailleurs que la privatisation totale de La Poste est l'objectif caché, à terme, du projet. Certains opposants tentent de provoquer un référendum sur le sujet, option ouverte par la récente réforme de la Constitution. Le projet de changement de statut suscite l'hostilité de 61% des Français, selon un sondage publié en septembre. Une première journée d'action avait jeté des milliers de personnes dans la rue le 23 septembre partout en France, avec des élus de gauche mais aussi parfois de droite, comme le député ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan. La privatisation totale de La Poste, avec ses menaces supposées sur les bureaux ruraux, est vue par les opposants comme le terme inéluctable de la réforme, comme ce fut le cas pour France Télécom ou Gaz de France. Le gouvernement a tenté de rassurer les opposants en assurant que l'Etat resterait majoritaire dans La Poste et garantirait le statut des employés et la continuité du service public. Devant la mobilisation, l'Elysée a nommé une commission qui doit rendre ses conclusions en décembre. En cas d'abandon du passage au statut de SA, les autres pistes de financements semblent limités. Le recours à la Caisse des dépôts et consignations, évoqué par le PS, semble en question car cette institution est aujourd'hui requise pour d'autres dossiers liés à la crise financière. Thierry Lévêque
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