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par Patrick Rucker et Karey Wutkowski WASHINGTON (Reuters) - Les différentes autorités américaines ne pouvaient se permettre de laisser Bear Stearns faire faillite car la confiance sur les marchés financiers et la santé de l'économie s'en seraient trouvées durablement affectées, déclarent les principaux régulateurs des États-Unis. Plusieurs responsables fédéraux, parmi lesquels le président de la Fed Ben Bernanke, ont défendu devant la commission bancaire du Sénat la décision de voler à la rescousse de la cinquième banque américaine d'investissement, et rejeté les critiques selon lesquelles le sauvetage de Bear Stearns revenait dans les faits au renflouement public d'une banque privée. La Fed a promis 29 milliards de dollars pour garantir des actifs dans le cadre de l'accord prévoyant le rachat de Bear Stearns par JPMorgan Chase. Jamie Dimon, directeur général de JPMorgan, a précisé qu'il n'aurait jamais consenti à ce rachat sans l'appui financier de la Réserve fédérale. Ce dispositif, orchestré par la banque centrale en étroite consultation avec le département du Trésor, a alimenté un débat pour savoir si le gouvernement avait ou non risqué l'argent du contribuable pour sauver une société du secteur privé. UNE SITUATION INÉDITE Les membres du Congrès ont bombardé de questions les responsables présents, leur demandant si leur décision ne constituait pas un dangereux précédent et si le pouvoir avait eu raison de voler à la rescousse d'une banque ébranlée par des choix d'investissement risqués. "Etait-ce un sauvetage justifié pour éviter un effondrement systémique des marchés financiers, ou alors un renflouement de 30 milliards de dollars par le contribuable, pour une société de Wall Street alors que l'homme de la rue peine à rembourser son crédit immobilier", a lancé le sénateur démocrate Christopher Dodd, qui préside la commission. "Nous avions à l'esprit la protection du système financier américain et la protection de l'économie américaine", a répondu Bernanke. L'audition au Sénat intervient en plein débat sur les moyens de moderniser le système de régulation bancaire aux États-Unis, qui remonte en grande partie de la Grande dépression des années 30. Les critiques reprochent aux autorités de tutelle de ne pas avoir vu venir la crise des crédits immobiliers "subprimes", qui a dégénéré l'été dernier en crise mondiale du crédit. "Jusqu'à son accord en vue d'être rachetée par JPMorgan Chase, Bear Stearns disposait d'une coussin de capital bien supérieur à ce qui est requis par les normes de Bâle II", a répondu Christopher Cox, président de la Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité boursière américaine. Bernanke a répété pour sa part qu'aux yeux de la Fed, il était nécessaire d'agir immédiatement pour éviter un préjudice sérieux non seulement pour les marchés financiers mondiaux mais aussi pour l'économie dans son ensemble. Le sous-secrétaire américain au Trésor Robert Steel a ajouté que les efforts du gouvernement n'étaient pas destinés "à une institution en particulier" mais qu'ils répondaient davantage aux craintes stratégiques concernant les implications d'une faillite. Cox a déclaré quant à lui ne jamais avoir encore assisté à une situation comme celle dans laquelle la banque s'est retrouvée, où un établissement financier est incapable d'obtenir des prêts malgré la présence de solide garanties. Version française Gilles Guillaume
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