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LONDRES (Reuters) - Les coûts du fret maritime ont atteint des niveaux record qui pèsent sur les prix des matières premières et nourrissent les craintes d'inflation. Le coût du fret maritime, qui concerne 90% du transport mondial de marchandises, dépasse dans certains cas extrêmes la valeur du produit transporté, relèvent des analystes. L'indice Baltic Dry, qui mesure le coût du transport sur les 40 principales routes maritimes, a enchaîné les records quatre jours d'affilée avant d'atteindre mardi un plus haut historique à 11.793. Il s'affichait à 11.465 vendredi. Selon Philip Rogers, un économiste qui dirige le cabinet de conseil spécialisé Galbraith, à Londres, les coûts d'acheminement du minerai de fer du Brésil jusqu'en Chine ont doublé depuis février et expliquent largement la hausse actuelle. Ils excèdent maintenant très largement le prix du minerai lui-même, ajoute -t-il. L'acheminement d'une tonne de fer brésilien en Chine revient à environ 108 dollars, alors que le prix du minerai de même qualité est d'environ 80 dollars la tonne, selon les accords tarifaires récemment négociés par le groupe brésilien Vale, premier producteur mondial de fer. "Les coûts combinés, pour les matières premières et le fret, ont fortement augmenté", résume John Kearsey, un des dirigeants du cabinet de conseil Simpson, Spence & Young, à Londres. Le prix de livraison du minerai, en comptant le fret, a fait un bond de 75% à 80% en un an. Les frais de transport maritime du minerai sont 10 fois plus élevés qu'au moment de la crise économique de 2002, période pendant laquelle ils étaient de 10 dollars la tonne. "C'est astronomique. Et il y aura encore d'autres records cette année", pronostique Rogers. La situation est similaire pour d'autres matériaux indispensables à l'activité économique mondiale, charbon, céréales, engrais, ciment, ce qui augmente les prix de revient et participe à l'inflation des prix des matières premières. L'acheminement du charbon en Europe par la route maritime de Richard's Bay, en Afrique du Sud, coûte environ 52 dollars la tonne, contre un prix de 114 dollars la tonne pour le charbon lui-même. En 2002, le même fret ne revenait qu'à cinq dollars la tonne. Le coût du fret céréalier d'Europe vers l'Asie, l'une des routes maritimes les plus actives, sur un cargo du type Panamax - parmi les plus gros vraquiers en circulation, a grimpé à 118.000 dollars environ la journée. En 2002, il n'était que de 9.400 dollars par jour. "On assiste à une spirale inflationniste classique : tout le monde cherche à augmenter ses prix réels, que ce soit les producteurs de minerai, les armateurs, les sidérurgistes, et c'est un jeu perdant pour tout le monde", commente John Kemp, économiste chez RBS. "Cela devient un cercle vicieux." Stefano Ambrogi, Ben Tan, version française Dominique Rodriguez
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