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NEW YORK (Reuters) - Les perspectives de notation des banques d'investissement Goldman Sachs et Lehman Brothers ont été ramenées de "stables" à "négatives" vendredi par Standard & Poor's, qui estime que les profits réalisés par les deux maisons de titres sur les marchés financiers pourraient encore baisser. La note long terme de Goldman est de "AA moins" et celle de Lehman "A +", c'est-à-dire respectivement les quatrième et cinquième niveaux de notation chez S&P. Cet abaissement de perspective ouvre la voie à une possible dégradation de notation d'ici un ou deux ans, qui pourrait se traduire le cas échéant par des coûts de refinancement plus élevés. L'agence de notation souligne que Goldman a affiché les meilleurs résultats des grandes maisons de Wall Street depuis plusieurs années et que sa liquidité est très forte, mais que l'accent mis sur le trading et son fort appétit du risque l'exposaient à "des faux pas importants". Quant à Lehman, ses fondamentaux sont solides, estime S&P, mais l'établissement "pourrait souffrir gravement s'il y avait un changement défavorable dans les perceptions du marché, même non fondé". Goldman est la première maison de Wall Street en termes de capitalisation boursière et Lehman la quatrième. Les conditions volatiles du marché et "la quasi-faillite" de Bear Stearns mettent en lumière l'exposition des banques d'investissement aux risques des marchés financiers. L'agence de notation estime que le produit net bancaire des banques d'investissement pourrait baisser de 20% à 30% cette année. Elle indique que si les remous persistent sur les marchés financiers et que la détérioration économique est forte, alors "la performance financière pourrait baisser plus fortement que nous ne l'estimons actuellement, ce qui mettrait les notations actuelles en question." S&P a également indiqué qu'elle pourrait baisser la note "AA moins" de Morgan Stanley et a maintenu sa perspective négative sur la note "A+" de Merrill Lynch. Selon le New York Post, Goldman Sachs prévoit de supprimer jusqu'à 15% de ses effectifs. Le journal, qui cite des sources proches du dossier, ajoute que les suppressions devraient avoir lieu dans la branche marchés de capitaux, qui comprend entre autres les produits de taux, les introductions en Bourse et autres opérations sur titres ainsi que le conseil en fusions-acquisitions. Le secteur financier a éliminé plusieurs milliers d'emplois depuis la mi-2007 quand la crise, à l'origine centrée sur les crédits subprimes résidentiels, s'est élargi à l'ensemble du secteur financier. Goldman Sachs a annoncé cette semaine une chute de 53% de ses résultats au premier trimestre, à 1,51 milliard ou 3,23 dollars par action. Jeudi, Citigroup, la première banque américaine en termes d'actifs, a annoncé 2.000 suppressions d'emplois supplémentaires dans la banque d'affaires et dans le trading. Jonathan Stempel, version française Danielle Rouquié
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