Qui d’Airbus ou de Boeing a remporté le méga contrat de remplacement des avions ravitailleurs de l’armée de l’air américaine ? La réponse est connue, mais elle n’a pas été révélée. Pourquoi ? Car les enjeux financiers de ce contrat sont tels que la réponse est devenue «politique» et que l’armée de l’air n’ose pas en faire part, selon la presse allemande.
Les experts ne doutent pas de la réaction du perdant de faire appel et donc de repousser le contrat de 18 à 24 mois. L’armée de l’air devrait cependant s’y résoudre ce vendredi après bourse, d’après le Handelsblatt citant des sources de l’armée de l’air.
Un seul ou plusieurs contrats ?
Une solution à ce contrat «tout ou rien» serait, d’après les observateurs, de découper ce contrat gigantesque en plusieurs tranches pour lesquelles un nouvel appel d’offres serait lancé.
Ce contrat porte sur le remplacement de la totalité de la flotte d’avions-ravitailleurs datant pour une partie de l’ère Eisenhower, soit plus de 500 avions dans les vingt à trente prochaines années pour un montant de plus de 100 milliards de dollars, soit 68 milliards d'euros.
La première tranche porte donc sur seulement 179 avions pour un montant pouvant aller jusqu’à 40 milliards de dollars (un peu plus de 26 milliards d'euros) et oppose deux candidats : Boeing et le consortium composé de Northrop Grumman et Airbus .
Les deux modèles en concurrence sont le KC-767 de Boeing et le KC-30 d’Airbus, le premier étant plus ancien que le second et les deux ayant déjà leurs clients : l’Italie et sans surprise le Japon ont opté pour Boeing tandis que la Grande-Bretagne, l’Australie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis pourraient choisir Airbus.
La bataille se joue sur la qualité des modèles, chacun ayant ses points forts et ses faiblesses, mais aussi au Congrès et vis-à-vis de l’opinion publique. Boeing parle d’expérience, de sécurité nationale et d’emplois, tandis que Northrop Grumman et Airbus annoncent vouloir installer un site de production dans l’Alabama.
Selon l’agence de presse Reuters, l'armée de l'air américaine aurait modifié les critères utilisés pour évaluer les offres des deux concurrents et ce, à priori, au détriment de Northrop Grumman et d’EADS.
La réponse tombera sûrement dans la soirée. En attendant l’action EADS est en baisse de 2,88%, à 17,52 euros.
Laure Gaillard