Au lendemain du jeudi noir de Carlyle Capital Corporation (CCC), le monde financier est aux abois. Carlyle Group, groupe de capital investissement américain, tente de rassurer le marché en assurant qu’il ne serait pas touché par cette faillite.
Le fonds victime de la crise
Selon le groupe américain, il n’y aura pas d’impact significatif sur ses autres fonds, puisque aucun de ses 60 fonds totalisant 81 milliards de dollars (plus de 52 milliards d’euros) n’a investi dans CCC. En outre, il ne détient que 15% de ce fonds Cela reste tout de même un échec pour le groupe américain qui avait crée ce dernier, introduit en bourse le 4 juillet pour 19 dollars.
Depuis le cours de l’action s’est effondré. Le 6 mars, à l’annonce des premières difficultés, le cours avait chuté de 12 à 5 dollars. Hier, le titre a clôturé à 38 cents, chutant de près de 87,5%. Le seul fonds européen coté de Carlyle Group a de grandes chances de disparaître malgré les efforts du groupe qui avait assisté le fonds dans la négociation.
Il l’avait auparavant aidé en lui accordant une ligne de crédit de 150 millions de dollars (96,35 millions d’euros). Le fonds n'a également pas su profiter de ses nombreuses connexions politiques. En effet, le groupe comptait comme conseiller George Bush après son mandat de président alors que son fils, l'actuel président, est passé au conseil d'administration d'une de leurs acquisition en 1992, avant de devenir gouverneur.
Franck Carlucci, secrétaire d'Etat à la défense sous Reagan, a par ailleurs présidé le groupe pendant dix ans, de 1993 à 2003 avant d'être remplacé par Lou Gersner, ancien PDG d'IBM. James Baker, ex-secrétaire d'Etat de Bush père ainsi que John Major, ancien premier ministre, sont également travaillé pour le prestigieux établissement.
Le fonds s'était un peu éloigné du monde politique après 2001 et la polémique qui a éclaté alors que le fonds gérait l'argent de la famille Ben Laden. Cependant, ses connexions lui ont ensuite été utiles dans certains dossiers comme l'aide de l'émirat d'Abou Dhabi dont le fonds Mubadala Devlopment a racheté pour 1,35 milliard de dollars (866,8 millions d'euros) 7,5% de son capital en 2007.
Mais cela n’a pas été suffisant pour sauver CCC. Ce dernier se révèle en effet être une victime directe de la crise en ayant investi dans les crédits à risque. Crédit Suisse, un des créanciers du fonds, a commencé à vendre hier après-midi certains de ses actifs, selon une source proche du dossier.
David Rubenstein, l’un des fondateurs de Carlyle Group, a par ailleurs indiqué aux Echos étudier «tous les moyens pour aider les investisseurs» de CCC.
Les hedge funds en difficulté
Le marché craint désormais les conséquences d’une telle faillite. Outre Carlyle, d’autres fonds sont touchés à l’image de Blackstone et KKR qui voient leurs actions dégringoler depuis quelques temps.
Par ailleurs, d’autres fonds, à l’image de CCC, sont en difficultés. Ainsi, l’anglais Peloton, Thornburg Mortage et Tequesta sont également en situation de défaut de paiement. Leurs cours de bourse s’effondrent et les agences de notation ne cessent de revoir leur notation à la baisse.
Les hedge funds sont désormais menacés d’une crise de confiance, victime du retournement du marché suite à la crise alors que les banques se désengageaient des titres risqués dans lesquels ces fonds s'étaient spécialisés.
Par ailleurs, leur endettement est en général trop élevé. CCC par exemple avaient financé ses investissements en majeure partie par des emprunts auprès d’un syndicat de 14 banques (UBS, Crédit Suisse…) et ce pour un effet de levier astronomique de 32 (soit un prêt de 32 dollars pour 1 dollar de fonds propres).
W.A.