Sans surprise, la BCE a opté pour le statu quo concernant son principal taux directeur qui reste fixé à 4%.
La BCE privilégie toujours la stabilité des prix dans la zone euro et la lutte contre l’inflation. Les objectifs de croissance, prioritaires outre-Atlantique, sont relégués au second plan au grand dam d’un certain nombre de dirigeants de la zone euro, dont le président français Nicolas Sarkozy.
Risque de stagflation ?
Or l’inflation excède largement le seuil des 2% prévu par les traités européens et reste plus que jamais la priorité du président de la BCE, Jean-Claude Trichet. L’inflation a atteint 3,5% au mois de mars, portée par la flambée des cours de l’or noir et des matières alimentaires, entretenant une spirale inflationniste qui fait craindre les fameux effets de «second-tour» (hausse des prix sur les salaires et finalement sur l’ensemble de l’économie).
C’est pourquoi Jean-Claude Trichet refuse avec constance depuis le début de la crise de «toucher» au taux d’intérêt directeur de la zone euro contrairement à la Fed et à la Banque d’Angleterre.
Cette dernière vient de décider d'abaisser de nouveau d'un quart de point son principal taux directeur à 5% en réponse à une dégradation des conditions du crédit et des signes d'essoufflement du marché immobilier.
La décision n’a pas été une surprise mais elle n’en est pas pour autant exempte de critiques car si l’inflation est réelle, l’activité présente également des signes de faiblesse. L’Europe risque alors de se retrouver confrontée à une stagflation, c’est-à-dire à une inflation forte et à une croissance faible.
La BCE ne croit pas à ce scénario et insiste sur la résistance de l’économie européenne par rapport aux Etats-Unis. Une façon de dire que la lutte contre l’inflation reste prioritaire et qu’une inflexion de politique pourra être décidée dans les mois à venir, dès la fin du premier semestre selon Lehman Brothers.
Par ailleurs, la BCE se défend de précipiter le ralentissement de la zone euro en injectant des liquidités supplémentaires à bon marché dans le milieu bancaire afin de relancer la machine. Sans grand succès pour le moment. La BCE a mis à la disposition des banques des liquidités supplémentaires à bon marché lors des semaines passées, sans vraiment parvenir à rétablir la confiance des établissements de crédit toujours inquiets.
Laure Gaillard