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Les partenaires sociaux n’ont pas manqué de manifester leur profonde hostilité au projet de loi sur les conditions d’indemnisation des chômeurs présenté hier par le gouvernement.
Son principe est assez simple, le demandeur d’emploi s’engage «à ne pas refuser plus de deux offres […] compatibles avec ses qualifications et rémunérées à 95% du salaire antérieur, tout en restant dans la zone géographique définie», faute de quoi «une radiation de deux mois […] entraînant, le cas échéant, la suspension provisoire de l’allocation perçue» pourra être prononcée.
Mais pour Stéphane Lardy de Force Ouvrière, «le gouvernement pratique la stratégie du boa constrictor. Il nous entoure pour mieux nous étouffer».
Plus mesurée, Gabrielle Simon (CFTC) a indiqué que «le projet […] est plus favorable aux chômeurs que nous le pensions», tout en indiquant que «l’offre raisonnable d’emploi résulte d’une conception erronée comme quoi les personnes en recherche d’emploi sont plutôt des feignants».
De son côté, le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, s’est plu à rappeler que les syndicats, saisis de cette question dès 2003, n’avaient rien proposé depuis. «
C'est donc au gouvernement, a-t-il estimé,
de prendre ses responsabilités», indiquant dans la foulée que l'offre valable d'emploi, devenue offre
'raisonnable' d'emploi, était un «
engagement très clair» pris par le candidat Nicolas Sarkozy.
Ce dernier a par ailleurs confirmé que le projet de loi sur l'offre 'raisonnable' d'emploi serait «très court» et présenté «d'ici la fin de la session parlementaire».
Enfin, dernier sujet sensible évoqué pendant la réunion, l’épineuse question du transfert d'une partie des cotisations chômage vers l'assurance-vieillesse afin de résorber le déficit des caisses de retraite.
Là encore, l’opposition entre gouvernement et partenaires sociaux ne semble pas près de s’éteindre, le premier par la voix de Christine Lagarde, prophétise en effet une augmentation des cotisations vieillesse dans les années à venir, tandis que les seconds exigent d’abord une indemnisation plus juste des demandeurs d'emplois, étant établi qu’un chômeur sur deux ne touche aucune allocation.
N.S.