Les multiples records historiques des dernières séances ne se démentent pas. Peu avant 8 heures ce matin, heure de Paris, le pétrole a atteint un nouveau sommet sur le Nymex. Le brut léger américain pour livraison en juin s'est échangé -via échanges électroniques- à un pic de 124,70 dollars le barril, pour maintenant valoir 124,68 dollars (+0,80%). Le light sweet crude avait clôturé jeudi à New York à un niveau record 123,69 dollars.
De son côté, le baril de Brent -plus lourd et plus souffré, donc moins cher- a dépassé jeudi pour la première fois le seuil de 123 dollars le baril à Londres, en marquant un nouveau record historique à 123,93 dollars le baril, touchant pour la quatrième séance consécutive un nouveau plus haut historique.
En un an, le prix du baril a doublé à New York et a été multiplié par 90% à Londres.
Résistance de l'économie américaine
Reconstitution des stocks pétroliers américains, rebond du dollar... On aurait pu s'attendre à un reflux de l'or noir, mais les craintes demeurent sur les approvisionnements, selon des analystes, même si de nouvelles perturbations géopolitiques ne sont pas survenues.
'Nous avons encore des problèmes au Nigeria, l'Iran défie le monde avec son programme d'enrichissement nucléaire, et la demande reste très forte en provenance de l'Inde et la Chine', explique Robert Montefusco, courtier chez Sucden.
Ces incertitudes attirent les fonds spéculatifs sur les marchés pétroliers, le pétrole étant devenu un investissement en soi qui garantit une rentabilité, soulignent les analystes.
En outre, de nouveaux signes indiquant une résistance de l'économie américaine, notamment une accélération des gains de productivité au premier trimestre, ont convaincu les investisseurs que la demande énergétique n'allait pas baisser aux Etats-Unis, malgré le ralentissement de la croissance.
Face à cette poussée des prix, la plupart des analystes ont relevé depuis mi-avril leurs précédentes estimations des prix pour 2008, tablant désormais sur un baril entre 150 et 200 dollars.
La banque d'investissement Goldman Sachs, très écoutée par les marchés, a ainsi publié une note lundi, indiquant que le baril pourrait atteindre les 200 dollars dans les deux ans à venir.
E.M. (avec agences)