Le cours du baril bat de nouveaux records presque heure après heure. Le baril de light sweet crude qui avait atteint plus de 124 dollars peu avant huit heures ce matin (124,70 dollars) en vaut désormais plus de 125. Le baril de brut vaut 125,73 dollars vers 13h30, heure française.
Les raisons de cette nouvelle flambée des cours tiennent aux tensions sur la production en raison des récents évènements nigérians et au regain de tension des Etats-Unis avec l'Iran, à la forte demande mondiale, dont américaine, et à l’accès de faiblesse du dollar par rapport à l’euro. Le pétrole, recherché pour ses qualités intrinsèques, l’est aussi par les investisseurs, qui font grimper les prix, explique Michael Davis, analyste de la maison de courtage Sucden : «Un autre grand facteur, fréquemment cité en ce moment, est le vif intérêt des fonds d'investissement pour le pétrole, attirés par la rapide appréciation des prix du pétrole cette année».
Les pays consommateurs grincent des dents, de plus en plus inquiets de la répercussion de ces prix sur l’activité économique notamment sur la consommation. Aux Etats-Unis, la question est devenue l’enjeu du moment de la campagne électorale alors que la «driving season» (saison des grands déplacements automobiles aux Etats-Unis) approche, réclamant de vastes quantités d'essence.
Mais, la grande nouveauté est l’inflexion de la position de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui se préoccupe de la situation et pourrait même réviser sa position de statu quo.
L’Opep pourrait intervenir
En effet, le secrétaire général de l’organisation, Abdullah al-Badri, a déclaré hier que les marchés mondiaux étaient suffisamment approvisionnés, une position qu’il n’a jamais renié. Pour lui, il «n'y (avait) clairement pas de pénurie de pétrole sur le marché», seulement des mouvements d’ordre spéculatif.
Mais au lieu d’en déduire le maintien de la production à ces niveaux, il a déclaré que l’Opep était «prête à agir si le marché éprouve le besoin de mesures supplémentaires», autrement dit, qu’elle était disposée à extraire plus si nécessaire. Il ne s’agit pas d’une déclaration en l’air mais d’une préparation de la décision en amont.
En effet, une source de l’organisation a précisé aujourd'hui que l'organisation pourrait procéder à des consultations avant la réunion du 9 septembre à Vienne sur une éventuelle hausse de la production si les cours continuaient de monter. La source n’a pas quantifié ce relèvement de production mais a laissé sous-entendre que la hausse devrait être d’au moins 500 000 barils par jour : «De mon point de vue, une hausse devrait dépasser les 500 000 barils par jour pour avoir un impact sur le prix».
Cette disposition conciliante de la part de l’Opep ne peut être que bien accueillie alors que, d’après les analystes, les prix devraient continuer de monter, voire atteindre les 150 à 200 dollars d’ici six mois à deux ans, d’après la banque Goldman Sachs.
Laure Gaillard (avec agences)