Dans son bulletin hebdomadaire du 12 mai, JP Morgan analyse les marchés asiatiques, et plus particulièrement la politique monétaire mise en œuvre dans les pays de la région, où «une récente tendance à l’appréciation des devises semble s’être arrêtée».
L’Asie inquiète face à l’inflation mais toujours au plus haut
En Chine, le pouvoir semble divisé entre les préoccupations liées à l’inflation et celles liées à la croissance. La seconde préoccupation semble cependant primer et devrait mettre fin à la possibilité de réévaluation de la monnaie chinoise, au moins à court terme.
Le taux de croissance pourrait donc se maintenir dans ces conditions à 10,6% sur un an au premier trimestre malgré le ralentissement de la croissance des exportations, selon JP Morgan. Mais, alors que la possibilité d’un taux d’inflation en léger retrait au mois d’avril par rapport aux 8,3% sur un an enregistré en mars, «l’inflation reste un sujet délicat et pourrait nécessiter un resserrement de la politique monétaire».
L’Asie connaît donc un regain d’inquiétude du fait de la hausse des taux d’inflation. «Cela pourrait être le fait de pressions accrues au niveau de la production, sans parler de la gestion par à-coups des devises» avance la banque d’investissement. Mais le fait que les taux d’intérêts réels soient devenus négatifs, selon une étude menée par les économistes de JP Morgan, reste l’élément le plus marquant pour cette dernière.
«A travers la région, les taux d’intérêt réels ressortent négatifs, suggérant des conditions monétaires accommodantes. Cela devrait soutenir les prix des actifs» commente ainsi la banque.
La liquidité est donc devenue chère. La plupart des banques de la région disposant encore de liquidités importantes par rapport à leurs homologues, il est possible qu’une partie de ces dépôts finisse par s’investir sur les actifs risqués.
Pour JP Morgan, il reste à définir si les taux d’inflation vont se stabiliser ou baisser. «Notre sentiment est que plusieurs économies asiatiques éprouvent des contraintes de capacités et présentent un biais inflationniste. Cela pourra difficilement être résolu avec des conditions monétaires accommodantes, du fait de taux d’intérêt réels négatifs et de monnaies sous-évaluées».
Un durcissement de la politique monétaire serait donc bienvenu pour prévenir un effondrement de la demande globale. «Cela nous ramène à la perspectives de nouveaux gains de change à terme».
Les banques centrales ont jusque-là joué un rôle important en Asie mais aussi aux Etats-Unis pour rendre la liquidité chère. Pour JP Morgan, il est possible que les actions continuent de surperformer. Le risque cyclique serait bien intégré dans les prix de marché.
Le broker est en outre passé de ‘sous-pondérés’ à ‘neutre’ pour les actions japonaises dans les portefeuilles diversifiés.
W.A.