Selon l’Insee, les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont reculé de 0,4% en juin, après une hausse de 1,7% au mois de mai (chiffre révisé à la baisse de 0,3 point), en données corrigées des variations saisonnières.
En cause, un pétrole qui coûte très cher, une inflation au plus haut et un pouvoir d'achat qui ne cesse de se dégrader au fil des mois… Selon Yann Lepape, économiste chez Oddo & Cie, interrogé par l'agence Bloomberg, «l'environnement économique négatif, le ralentissement des marchés du travail et de l'immobilier ainsi que les revenus rognés par l'inflation provoquent un malaise indéniable chez les consommateurs.»
Bon baromètre de la tendance qui se dessine depuis quelque temps, la consommation en produits manufacturés, qui représente un quart de la consommation des ménages en France, progresse de 1% sur l’année.
Les chiffres de l’Insee font néanmoins apparaître une certaine résistance de la consommation.
Alors que sur l'ensemble du second trimestre, les dépenses des ménages en produits manufacturés sont demeurées stables après une légère hausse de 0,1% au premier trimestre, 34 économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à un repli de 0,6% en juin, leurs prévisions allant de -1,8% à +0,3%.
En réalité, un élément a eu un fort impact, car la consommation de biens durables a certes diminué de 1,3%, mais c’est essentiellement en raison de la chute des achats dans l’automobile, à -3,8% après +5,6% en mai.
Les dépenses en biens d'équipement du logement ont elles crû de 0,8%, après un recul de 0,3%. Les dépenses ont légèrement progressé dans le commerce (+0,1% après +1,3% en mai) et elles ont gagné 0,6% dans le textile-cuir, après un saut de 4,4% le mois précédent.
Le quotidien Les Echos, qui publie tous les mois l'indicateur avancé de Natixis, rappelle que le PIB français «devrait progresser d'un tout petit 0,1 % d'avril à juin.» Quant au troisième trimestre, il serait meilleur, avec 0,2 % de croissance. Enfin le journal précise que ce scénario est déjà proche de celui proposé par l'Insee, «à ceci près que l'institut anticipe le point bas du cycle actuel au troisième trimestre.»
C.S.